mardi 19 juillet 2011

récapitulation en deux chapitres

CHAPITRE 1 - LA GROSSESSE

Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne m'ennuie pas de ma bédaine, contrairement à ce que bien des mamans m'avaient dit. Ne vous méprenez pas, porter un bébé reste pour moi l'une des plus belles expériences que la vie m'a apportée... si on soustrait tous ses effets secondaires.

J'ai encore de la misère à le dire haut et fort et avec beaucoup de conviction (je suis de celles qui craignent l'opinion des autres, même si je m'adresse ici à un ''large'' public), mais j'ai détesté être enceinte. Ce fut une expérience vraiment difficile physiquement et, à la longue, moralement. J'ai de la difficulté à le dire, parce qu'on me l'a tellement reproché. Moi qui avait attendu ce moment depuis si longtemps, je n'avais pas le droit de me plaindre... Mais maintenant, j'ose et je le dis: j'ai vécu toute une déconfiture pendant ma grossesse.

J'avais tellement travaillé à tomber enceinte que j'avais idéalisé la chose. Je suis tombée de haut et rapidement, la grossesse n'est pas toujours rose bonbon.

Premièrement, j'ai eu des saignements qui m'ont fait craindre le pire à 6 semaines et demie. C'est comme ça que nous avons eu droit à une échographie de viabilité, notre première rencontre avec cette minuscule crevette de 3 mm plus ou moins 1 qui avait déjà un coeur qui battait la cadence de sa si jeune vie.

Puis, les nausées sont apparues. Je n'ai pas eu droit aux nausées matinales qui quittent après quelques heures, non, j'ai eu droit aux nausées qui apparaissent vers 11h du matin et nous quittent seulement en s'endormant. J'ai vomi ma vie jusqu'à dix fois par jour (en moyenne cinq!) pendant plus de douze semaines. Même les Diclectins (ces petites pilules qui parfois font des miracles pour les nausées de grossesse) n'ont rien changé.

Comment perdre l'usage de son cerveau dans le temps de le dire. C'était tout un cercle vicieux. Peu importe ce que je mangeais, je vomissais et plus je vomissais, plus j'étais fatiguée. Je voyais bien que je commençais à avoir de la difficulté à me concentrer au travail, je faisais plus d'erreurs qu'à l'habitude. J'ai commencé à être nerveuse d'aller travailler et j'en ai fait de l'insomnie... l'insomnie, semble-t-il, n'est pas du tout recommandé quand on essaie de reprendre des forces parce qu'on a vomi toute la journée. Bref, la joie.

J'ai finalement été arrêté de travailler à 23 semaines de grossesse pour cause d'épuisement. C'était en janvier. Déjà que je me sentais coupable d'abandonner mes collègues de travail alors que celle qui devait me remplacer n'avait même pas encore été formée, être confinée à la maison en plein hiver est dur sur le moral. Surtout avec les nausées qui ne m'ont finalement jamais quittée (par la suite, j'ai vomi à quelques reprises, mais rien de bien grave) Au moins, je pouvais faire des siestes dans la journée et me reposer.

À 32 semaines de grossesse, nous avons eu toute une frousse. Après avoir eu une douleur constante dans le bas du ventre et du dos qui a persisté plus d'une demie-journée, nous nous sommes présentés à l'hôpital pour apprendre que j'avais un épisode de contractions rapprochés au 4-5 minutes! C'est que je ne les sentais pas, moi! Après avoir passé la nuit branchée sur du sérum, les contractions se sont finalement distancées et ont perdu en force et j'ai pu retourner à la maison.

Je sais qu'il y a pire et je sais que chaque grossesse est unique. J'avais juste besoin d'avouer ouvertement la petite amertume que m'a laissée cette grossesse.

CHAPITRE 2 - L'ACCOUCHEMENT

Certaines accouchent comme des chattes, d'autres vivent des histoires d'horreur. Je n'ai pas eu un accouchement facile, loin de là, mais je n'en garde pas de mauvais souvenirs. C'était tout de même la plus belle journée de ma vie, celle où j'ai donné la vie à Charlotte, mon petit miracle.

À mon dernier rendez-vous de suivi à 39 semaines et des poussières, mon col était dur comme de la roche et totalement fermé. J'avais déjà une date prévue pour une provocation. J'étais triste de voir les chances d'accoucher naturellement s'évaporer.

Mon amoureux et moi avions fait la formation Bonapace qui consiste à créer des douleurs secondaires à l'aide de points d'acupuncture (par acupression) Je voulais impliquer mon chum le plus possible pendant l'accouchement, lui qui a été tant présent pendant la grossesse (j'ai le plus merveilleux des amoureux, que voulez-vous)

Lundi le 16 mai 2011, en soirée, je dis à mon chum qu'on doit prendre des photos de ma grosse bédaine là, maintenant, car nous sommes dans la 40e semaine et je veux de belles photos pour le cadre évolution qui sera dans la chambre de la petite. Alors, bien qu'il soit 22h30, je me mets belle et je joue au mannequin pour mon chum. Durant la soirée, j'ai une grosse pression dans le bas du ventre et plus le temps passe, plus la pression se fait aussi ressentir dans le bas du dos.

À minuit trente, nous allons nous coucher, mais je suis incapable de dormir. Je me sens fébrile, mais je ne sais pas pourquoi... C'est à 1h15 que je comprends: je crève mes eaux!

Nous sommes arrivés à l'hôpital à 2h30. Le premier examen nous confirme que mon col est toujours bien fermé. Petite déception de ma part, car je sais bien que crever ses eaux sur un col totalement immature rallonge l'accouchement et augmente les risques de procédures médicales et les risques d'infection.

En extra bref, je n'ai pas vraiment commencé à contracter par moi-même, alors on m'a branchée sur Pytocin à 7h00 du matin. Mes contractions ont démarrées dans le temps de le dire et j'ai contracté aux deux minutes dès le départ. L'avant-midi est passé sans qu'on ne le voit. Mon chum me faisait des points de pression à chaque contraction, j'étais hyper concentrée sur ma respiration, tout allait bien.

Puis en début d'après-midi, j'ai commencé à trouver cela difficile. J'ai demandé un examen (ils n'en avaient pas refait depuis 7h00 car ça augmentait les risques d'infection) pour déterminer si je prenais la péridurale ou non. À 14h30, comme le médecin n'était pas encore prêt, mais que l'anesthésiste l'était, j'ai finalement cédé et j'ai reçu la péridurale après 7 heures de contractions aux 2 minutes. À 15h00, maintenant bien relaxe, j'ai finalement eu l'examen du docteur qui m'a confirmé ma pire crainte: je n'étais dilatée qu'à 3 cm. 3 minimes centimètres sur 10 après 7 heures à contracter aux 2 minutes.

En fin d'après-midi, j'ai finalement développé une infection, avec fièvre et vomissements, puis on nous a appris que le coeur de la petite décélérait à chaque contraction. Après un dernier examen, le docteur réalise aussi que la petite se présente le nez vers le haut (alors qu'il devrait pointer vers le bas) et comme ils ne sont pas capables de la retourner, il y a de fortes chances qu'elle ait le cordon ombilical autour du cou. On me dit qu'il y a de grands risques que le tout se termine en césarienne d'urgence, que ça va dépendre de comment je pousse. J'ai commencé à pousser à 19h30 avec toute la conviction et la volonté qui m'habitaient. Après une heure et demie de poussées, la petite Charlotte est née toute mauve avec deux tours de cordon autour du cou. Elle a attrapé mon infection et a dû recevoir des antibiotiques pendant 48 heures, mais sommes toute, notre petit miracle est né en santé!

Charlotte Thanh Hà Lam est née le 17 mai 2011 à 20h50. Elle pesait 6 livres et 8 onces et mesurait 49.5cm.



***

Je ne sais pas si je bloguerai souvent, car la majeure partie du temps j'ai un bébé dans les bras, alors ce n'est pas évident de taper à l'ordinateur, mais je sais que j'ai envie de partager les hauts et les bas de mon nouveau rôle de maman.

Au plaisir!

2 commentaires:

Abigael a dit...

wow c'est vraiment touchant ce que tu as écrit. :) Continue ma belle.

Anonyme a dit...

Quel beau texte! Tu n'as jamais pensé à écrire un livre. Tu as vraiment une belle plume. Bien heureuse de te lire enfin et de voir que tu peux libérer ton trop plein. Les émotions c'est pas toujours bon de les garder en dedans n'est-ce pas? Je veux que tu saches que je suis fière du p'tit pou de jadis, de la femme que tu es devenue et de la mère maintenant grâce à ce petit miracle comme tu l'appelles (et aussi à Frank, faut quand même lui donner un p'tit peu de crédit!(lol))Écoute ton coeur ma belle et tu ne seras jamais déçue,laisse-toi guider et n'oublie pas qu'il y a un ange qui veille sur toi et à qui tu peux demander de la lumière à volonté...Bisous XXX Sylvie