vendredi 22 juillet 2011

canicule

Je n'aime pas la chaleur. Pas que je n'aime pas l'été en tant que tel (rien de tel qu'un beau dimanche matin ensoleillé pour se rendre chez Coco Gallo déjeuner... quoiqu'en septembre, c'est encore plus agréable...), mais je n'aime pas la chaleur. C'est suffocant, c'est collant, c'est lourd. Rien de plaisant.

Ma mini Loulou vient de nous dormir un quatre heures en ligne. Pratiquement du jamais vu. Elle a dormi de son dernier boire dans le stationnement du Bâton Rouge à maintenant, dans notre chambre climatisée où il fait tout même 29C!!! Et ni mon chum, ni moi n'en avons profité... On n'arrivait pas à dormir (trop chaud), on n'a jamais pensé se remettre aux pratiques de confection de bébé (définitivement trop chaud) et je m'inquiétais pour la petite... A-t-elle trop chaud?? Est-ce qu'elle respire bien??? Elle s'est réveillée en panique parce qu'elle avait soif, a calé un sein méga gonflé (pas habituée d'avoir des quatre heures, moi, là!) et s'est rendormie... Même la débarbouillette d'eau froide dans le cou ou le changement de couche ne l'ont pas réveillée!! Définitivement, la chaleur la rend amorphe... et au lieu d'en profiter pour dormir, je m'inquiète, j'ai mal au coeur parce que j'ai trop chaud... et je rêve au mois de septembre...

Vous ai-je déjà dit à quel point je n'aime pas la chaleur???

mardi 19 juillet 2011

les premières semaines

Ma fille a à peine 9 semaines que déjà je me sens mère indigne. Le temps file si vite, je ne distingue pratiquement pas les journées des nuits (bon, j'ai un certain don d'exagération!), que je n'ai pas le temps de tout noter. Je vis chaque moment intensément, mais je n'écris nulle part les détails de l'évolution de Charlotte! Honte à moi! Moi qui en voulais amèrement à mes parents de ne pas m'avoir fait un livre de bébé comme ils l'avaient fait pour ma soeur aînée, je n'arrive même pas à le faire pour mon premier enfant!

Mais où peut-on acheter du temps? Y en a-t-il en spécial cette semaine chez Walmart?

Avec un enfant viennent les mille et un conseils et commentaires de tous et chacun. Jusqu'à présent, la seule vérité qui m'ait été dite est la suivante: avec un enfant, le temps file à toute allure. Un enfant grandit si vite que tu te retournes et il parle déjà! C'est que ma mini crevette est déjà un bébé qui sourit!

Quand ta dernière nuit de sommeil de plus de quatre heures remonte au 15 mai 2011, tu perds pas mal la notion du temps. Ça me fait peur, sincèrement. J'ai peur de manquer quelque chose même si j'ai l'impression d'être toujours éveillée. J'ai peur d'oublier des détails importants à ne pas avoir le temps de tout noter. Quand notre petite Loulou décide de finalement faire une sieste dans la journée, je dors aussi. L'hésitation n'est pas très longue quand ta liste de priorités ressemble à:

Dormir
Manger
Prendre ta douche
Faire la vaisselle
Faire une brassée de lavage
Plier la montagne de vêtements propres
Faire du ménage (c'est-à-dire passer le balais parce que l'idée de sortir la balayeuse est épuisante)
Noter les détails de la vie de Charlotte
Bloguer
etc.

Oui, oui, manger vient en deuxième, parfois.

Bref, les premières semaines de vie de Loulou se comptent déjà en mois. Nous nous adaptons l'une à l'autre et notre petite routine s'installe lentement, mais assurément. Un jour, bientôt, je ne ferai pas nécessairement la sieste avec elle ou je ne serai pas trop végétale pour ouvrir son journal de bébé et y inscrire tout plein de merveilles.

récapitulation en deux chapitres

CHAPITRE 1 - LA GROSSESSE

Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne m'ennuie pas de ma bédaine, contrairement à ce que bien des mamans m'avaient dit. Ne vous méprenez pas, porter un bébé reste pour moi l'une des plus belles expériences que la vie m'a apportée... si on soustrait tous ses effets secondaires.

J'ai encore de la misère à le dire haut et fort et avec beaucoup de conviction (je suis de celles qui craignent l'opinion des autres, même si je m'adresse ici à un ''large'' public), mais j'ai détesté être enceinte. Ce fut une expérience vraiment difficile physiquement et, à la longue, moralement. J'ai de la difficulté à le dire, parce qu'on me l'a tellement reproché. Moi qui avait attendu ce moment depuis si longtemps, je n'avais pas le droit de me plaindre... Mais maintenant, j'ose et je le dis: j'ai vécu toute une déconfiture pendant ma grossesse.

J'avais tellement travaillé à tomber enceinte que j'avais idéalisé la chose. Je suis tombée de haut et rapidement, la grossesse n'est pas toujours rose bonbon.

Premièrement, j'ai eu des saignements qui m'ont fait craindre le pire à 6 semaines et demie. C'est comme ça que nous avons eu droit à une échographie de viabilité, notre première rencontre avec cette minuscule crevette de 3 mm plus ou moins 1 qui avait déjà un coeur qui battait la cadence de sa si jeune vie.

Puis, les nausées sont apparues. Je n'ai pas eu droit aux nausées matinales qui quittent après quelques heures, non, j'ai eu droit aux nausées qui apparaissent vers 11h du matin et nous quittent seulement en s'endormant. J'ai vomi ma vie jusqu'à dix fois par jour (en moyenne cinq!) pendant plus de douze semaines. Même les Diclectins (ces petites pilules qui parfois font des miracles pour les nausées de grossesse) n'ont rien changé.

Comment perdre l'usage de son cerveau dans le temps de le dire. C'était tout un cercle vicieux. Peu importe ce que je mangeais, je vomissais et plus je vomissais, plus j'étais fatiguée. Je voyais bien que je commençais à avoir de la difficulté à me concentrer au travail, je faisais plus d'erreurs qu'à l'habitude. J'ai commencé à être nerveuse d'aller travailler et j'en ai fait de l'insomnie... l'insomnie, semble-t-il, n'est pas du tout recommandé quand on essaie de reprendre des forces parce qu'on a vomi toute la journée. Bref, la joie.

J'ai finalement été arrêté de travailler à 23 semaines de grossesse pour cause d'épuisement. C'était en janvier. Déjà que je me sentais coupable d'abandonner mes collègues de travail alors que celle qui devait me remplacer n'avait même pas encore été formée, être confinée à la maison en plein hiver est dur sur le moral. Surtout avec les nausées qui ne m'ont finalement jamais quittée (par la suite, j'ai vomi à quelques reprises, mais rien de bien grave) Au moins, je pouvais faire des siestes dans la journée et me reposer.

À 32 semaines de grossesse, nous avons eu toute une frousse. Après avoir eu une douleur constante dans le bas du ventre et du dos qui a persisté plus d'une demie-journée, nous nous sommes présentés à l'hôpital pour apprendre que j'avais un épisode de contractions rapprochés au 4-5 minutes! C'est que je ne les sentais pas, moi! Après avoir passé la nuit branchée sur du sérum, les contractions se sont finalement distancées et ont perdu en force et j'ai pu retourner à la maison.

Je sais qu'il y a pire et je sais que chaque grossesse est unique. J'avais juste besoin d'avouer ouvertement la petite amertume que m'a laissée cette grossesse.

CHAPITRE 2 - L'ACCOUCHEMENT

Certaines accouchent comme des chattes, d'autres vivent des histoires d'horreur. Je n'ai pas eu un accouchement facile, loin de là, mais je n'en garde pas de mauvais souvenirs. C'était tout de même la plus belle journée de ma vie, celle où j'ai donné la vie à Charlotte, mon petit miracle.

À mon dernier rendez-vous de suivi à 39 semaines et des poussières, mon col était dur comme de la roche et totalement fermé. J'avais déjà une date prévue pour une provocation. J'étais triste de voir les chances d'accoucher naturellement s'évaporer.

Mon amoureux et moi avions fait la formation Bonapace qui consiste à créer des douleurs secondaires à l'aide de points d'acupuncture (par acupression) Je voulais impliquer mon chum le plus possible pendant l'accouchement, lui qui a été tant présent pendant la grossesse (j'ai le plus merveilleux des amoureux, que voulez-vous)

Lundi le 16 mai 2011, en soirée, je dis à mon chum qu'on doit prendre des photos de ma grosse bédaine là, maintenant, car nous sommes dans la 40e semaine et je veux de belles photos pour le cadre évolution qui sera dans la chambre de la petite. Alors, bien qu'il soit 22h30, je me mets belle et je joue au mannequin pour mon chum. Durant la soirée, j'ai une grosse pression dans le bas du ventre et plus le temps passe, plus la pression se fait aussi ressentir dans le bas du dos.

À minuit trente, nous allons nous coucher, mais je suis incapable de dormir. Je me sens fébrile, mais je ne sais pas pourquoi... C'est à 1h15 que je comprends: je crève mes eaux!

Nous sommes arrivés à l'hôpital à 2h30. Le premier examen nous confirme que mon col est toujours bien fermé. Petite déception de ma part, car je sais bien que crever ses eaux sur un col totalement immature rallonge l'accouchement et augmente les risques de procédures médicales et les risques d'infection.

En extra bref, je n'ai pas vraiment commencé à contracter par moi-même, alors on m'a branchée sur Pytocin à 7h00 du matin. Mes contractions ont démarrées dans le temps de le dire et j'ai contracté aux deux minutes dès le départ. L'avant-midi est passé sans qu'on ne le voit. Mon chum me faisait des points de pression à chaque contraction, j'étais hyper concentrée sur ma respiration, tout allait bien.

Puis en début d'après-midi, j'ai commencé à trouver cela difficile. J'ai demandé un examen (ils n'en avaient pas refait depuis 7h00 car ça augmentait les risques d'infection) pour déterminer si je prenais la péridurale ou non. À 14h30, comme le médecin n'était pas encore prêt, mais que l'anesthésiste l'était, j'ai finalement cédé et j'ai reçu la péridurale après 7 heures de contractions aux 2 minutes. À 15h00, maintenant bien relaxe, j'ai finalement eu l'examen du docteur qui m'a confirmé ma pire crainte: je n'étais dilatée qu'à 3 cm. 3 minimes centimètres sur 10 après 7 heures à contracter aux 2 minutes.

En fin d'après-midi, j'ai finalement développé une infection, avec fièvre et vomissements, puis on nous a appris que le coeur de la petite décélérait à chaque contraction. Après un dernier examen, le docteur réalise aussi que la petite se présente le nez vers le haut (alors qu'il devrait pointer vers le bas) et comme ils ne sont pas capables de la retourner, il y a de fortes chances qu'elle ait le cordon ombilical autour du cou. On me dit qu'il y a de grands risques que le tout se termine en césarienne d'urgence, que ça va dépendre de comment je pousse. J'ai commencé à pousser à 19h30 avec toute la conviction et la volonté qui m'habitaient. Après une heure et demie de poussées, la petite Charlotte est née toute mauve avec deux tours de cordon autour du cou. Elle a attrapé mon infection et a dû recevoir des antibiotiques pendant 48 heures, mais sommes toute, notre petit miracle est né en santé!

Charlotte Thanh Hà Lam est née le 17 mai 2011 à 20h50. Elle pesait 6 livres et 8 onces et mesurait 49.5cm.



***

Je ne sais pas si je bloguerai souvent, car la majeure partie du temps j'ai un bébé dans les bras, alors ce n'est pas évident de taper à l'ordinateur, mais je sais que j'ai envie de partager les hauts et les bas de mon nouveau rôle de maman.

Au plaisir!