dimanche 18 juillet 2010

Engourdissement

Ces derniers temps, je me sens confuse. Pas parce que nous avons choisi de poursuivre notre pause d'essai bébé pour un autre cinq mois et de les reprendre seulement en 2011. Non, je suis très sereine avec cette idée. Du moins, du mieux que je puisse l'être. Nous sommes dans les dernières préparations pour nos fiançailles qui auront lieu dans 20 dodos et nous commençons à planifier un voyage au Viêtnam pour la fin de cette année. Plein de beaux projets pour nous changer les idées. Tout de même, je suis confuse par rapport à mes réactions face à l'idéologie bébé en général. En fait, je me sens au neutre, peut-être parce que, justement, nous sommes au chômage à ce niveau, ou peut-être parce qu'avec le temps, je me sens engourdie...

Je crois que le bon mot c'est résignation, ou endurcissement. À force d'avoir mal autant, à chaque fois, la douleur s'atténue. Non. Elle ne s'atténue pas. C'est nous qui devenons plus insensibles à cette douleur, plus détachés. Elle réussi à percer notre coquille une fois de temps à autre, mais sinon, nous sommes devenus un peu automates et défaitistes... C'est de l'autodéfense, je crois bien.

Quand notre psyschologue m'a demandé, en mars dernier, quand nous avons commencé à le consulter, si j'étais capable de faire le deuil d'avoir un enfant, je lui ai répondu un non catégorique. Que je voulais garder un peu d'espoir et que je trouvais défaitiste de me dire que je n'y arriverais jamais. Mais plus le temps passe et plus je commence à tenter de me faire à l'idée que je n'aurai peut-être jamais de bébé dans mon ventre, que je ne serai jamais maman. Je suis devenue lasse d'essayer d'y croire et je trouve que je tombe de moins haut chaque fois...

Par contre, ce n'est qu'une carapace. Nous le voulons tout autant et nous voulons y croire tout autant! Mais nous ne voulons pas nous blesser, alors nous nous cachons derrière notre armure d'impassibilité. Vendredi dernier, au boulot, la douleur a réussi a se faufiler sous mon enveloppe protectrice. De façon désinvolte, une dentiste est arrivée en avant avec une patiente, après son rendez-vous d'examen nettoyage et elle a dit: Mme UneTelle attend un petit bébé pour janvier, donc on va la revoir seulement dans 9 mois au lieu de 6... Mon ventre s'est noué quand j'ai eu l'image d'un petit colimaçon dans son bedon et comment ça avait probablement (je me trompe peut-être!) été si simple pour elle de le confectionner. Je me suis trouvée dont nulle de ne pas être capable après plus de deux ans et demi de faire la même chose. Je me suis sentie défectueuse. Bref, j'ai dû descendre en courant à la salle de bain (après avoir facturé la patiente et fixer son prochain rendez-vous avec mon plus beau sourire) pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Ça faisait longtemps que j'avais pleuré autant...

Je suis pas mal confuse, partagée entre l'espoir et le défaistisme. Ce n'est dont pas facile à gérer, cette dualité d'émotions...

lundi 5 juillet 2010

Anniversaires funèbres

Je le sais bien qu'il ne faudrait pas rendre ces dates plus lourdes de sens qu'elles ne le sont déjà. Je le sais bien qu'il ne faudrait pas mystifier ces dates et en faire des poids dans nos coeurs. Mais nous n'y pouvons rien. Pas cette année.

À pareille date, l'an dernier, j'étais enceinte. Nous croyions qu'enfin, ça y était, qu'enfin nous l'aurions notre petit bébé. Je me sentais légère comme une plume avec ce beau petit colimaçon dans mon bedon. J'irradiais de joie.

Le 7 juillet 2009, vers 14h, j'ai commencé à avoir mal au ventre. Celui qui ne ment pas. Celui qui ressemble à tous les précédents qui sont venus miner nos minces espoirs à tous les mois, mais à la puissance 10. Une heure plus tard, dans une douleur quasiment exceptionnelle pour le nombre de semaines de grossesse accomplie, je rentrais à l'hôpital. Petite crevette n'avait pas fait long feu. 4 semaines et 4 jours de grossesse, un total de 18 jours d'existence.

Nous avons cru pendant de longs mois qu'à pareille date, un an plus tard, nous aurions un autre bébé en confection dans mon bedon. Mais ce n'est pas le cas. Et je trouve que l'arrivée de cette date est d'autant plus lourde à porter. Je le sais bien qu'il ne faudrait pas mystifier ces dates et en faire des poids dans nos coeurs. Mais nous n'y pouvons rien. Pas cette année.