vendredi 28 mai 2010

Pourquoi?

Pourquoi n'y ai-je pas droit, moi aussi?

Il faudrait tout de même bien que je cesse de me faire des illusions! Après tout ce temps, tous ces efforts, toutes ces déceptions, je serais censée apprendre et comprendre, non? Peut-être n'y ai-je tout simplement pas droit!

Cette infertilité, cette calamité, cette injustice qui me fait si mal... Pourquoi donc dois-je vivre un si cruel malheur?

Ah, je me suis tellement leurrée à me dire qu'en prenant relâche de tous ces essais-bébé, je retrouverais mon bonheur, ma joie de vivre, ma zénitude envolée. FAUX! Si faux. Il fallait fondamentalement être sotte d'y avoir seulement pensé. Non mais, comment oublier ce rêve qui grandit en moi depuis mon enfance? Comment oser croire que ce désir vital pourrait être mis de côté, atténué, calmé? Comment oser croire que je serais plus légère de perdre du temps, de rallonger cette attente sans fin? Ça ne fait juste pas de sens...

Je me sens encore plus lourde. Je sens que je perds mon temps. Je perds mon temps à me faire croire qu'en prenant une pause, j'aurais plus de chance d'avoir un bébé lorsque nous reprendrions le combat?! N'est-ce pas idiot? Ou que durant notre super pause, un petit bébé miracle viendrait se nicher dans mon ventre?! Il faudrait simplement que je finisse par comprendre:

Mon ventre est vide et le restera.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!!!!!!!!!!!!! Non! Non! Et non! Je ne veux pas céder. Je veux garder un peu d'espoir même si chaque mois, j'ai si mal d'être autant déçue! Même si chaque mois qui passe, je vis de ce mince espoir qui s'aminçit avec ces mois qui passent... Même si chaque fois, je tombe de haut et recasse en mille morceaux mon coeur déjà émietté.

Pourquoi est-ce que je m'afflige cette souffrance? Pourquoi je ne peux pas passer à autre chose? Pourquoi est-ce que je ne suis toujours pas maman? Pourquoi?

Pourquoi?

mercredi 19 mai 2010

Insouciance et naïveté

L'insouciance et la naïveté ne sont plus des mots qui s'appliquent à moi. Malgré notre pause d'essais-bébé qui passe relativement rapidement (déjà deux mois!!!), je n'arrive plus à être désinvolte face à la confection d'un petit bébé. Je me disais qu'être en pause rendrait les choses plus faciles, que je déconnecterais de la dure réalité, mais il n'en est rien.

Ce que j'aimerais être innocente et découvrir que je suis enceinte sans y avoir réfléchi deux secondes! Ce que j'aimerais que le Père Noël existe vraiment... et les miracles aussi! Mais ma foi est encore aussi amochée qu'elle l'était il y a deux mois.

Bref, je réalise que c'est le genre de blessure qui ne guérira jamais vraiment. La douleur s'estompera probablement avec le temps, mais on ne revient jamais complètement de cette blessure. L'infertilité marque au fer rouge et laisse sa trace malgré tous les efforts surhumains que nous pouvons faire. Nous aurons toujours ce gros I estampé sur le coeur.

Pour le moment, en voyant le temps passé si vite, notre date butoir pour la fin de notre pause risque d'être retardée, car nous ne nous sentons pas du tout prêts à affronter les procédures d'insémination à nouveau. Juste y penser, j'ai la nausée.

Notre horaire du temps est surchargé, ça doit aider à voir le temps passé plus vite... Notre petite Stella nous occupe énormément, nous préparons nos fiançailles pour le mois d'août et nous commençons à parler d'un voyage d'un mois au Vietnam à la fin de l'année 2010. Nous continuons par tous les moyens de nous changer les idées. Du moins, tenter de nous changer les idées.