dimanche 28 février 2010

Prométrium

Après mon échographie d'ovulation de vendredi dernier, j'étais plus que découragée. Le médecin avait refusé de mesurer mon endomètre pour déterminer s'il était trop mince ou non. Il me disait que ma progestérone naturelle ferait son boulot une fois l'ovulation passée. Mais ça ne m'a pas suffit. En fait, ça m'a complètement démoralisée.

Il s'agit tout de même de notre dernier cycle d'essais officiels avec hormonothérapie. Je voulais m'assurer que tout soit mis en place pour l'accomplissement de notre grand rêve. La réponse du médecin m'a rendue défaitiste. Je n'y croyais plus.

Dans un cycle, il y a trois phases: phase folliculaire, ovulation et phase lutéale. Suite à l'ovulation, la progestérone combinée avec l'oestrogène contribuent à la formation de l'endomètre sur les parois utérines qui sert à accueillir le zygote (ovule fécondé). Un endomètre trop mince résulte en une non nidation de l'embryon.

Ma grande crainte était que, comme l'un des effets secondaires de Clomid (l'hormone qui contribue à l'ovulation) est d'amincir l'endomètre après plusieurs cycles d'usage, les inséminations soient faites un peu dans le beurre, dans le sens où la fécondation a peut-être lieu, mais pas la nidation.

Ce matin avait lieu, pour une troisième fois, la première de deux inséminations. Lorsque nous sommes arrivés à la clinique, j'ai demandé qui était le médecin en place et on m'a annoncé que c'était celui-là même qui m'avait fait mon échographie. Je me suis mise à trembler parce que j'avais l'intention de redemander une prescription pour de la progestérone au médecin de garde. Mais c'était le même! Durant l'heure qui a suivie, je me faisais cinquante millions de scénarios dans lesquels j'engueulais le docteur jusqu'à ce qu'il cède, mais je savais bien que ce n'était pas mon genre de crier à la tête d'un médecin (quoi que ça aurait fait du bien!) Alors, c'est la tête bien basse et le visage inondé de larmes que je me suis présentée, une fois mon nom appelé, à la salle d'insémination.

Je pleurais tellement que l'infirmière a demandé à mon amoureux de m'accompagner en salle, ce qu'il ne fait jamais. Sa présence m'a été bénéfique. Quand le médecin est entré, je lui ai dit, entre deux sanglots, que je voulais absolument une prescription de progestérone pour deux raisons: c'est notre dernier cycle d'essai, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de notre côté? et depuis que je prends Clomid, mes règles sont tellement légères que ça me fait croire que mon endomètre est trop mince.

Il a accepté! Alléluia! Alors, je commence dès ce soir la prise de Prométrium pour les deux prochaines semaines. Je retrouve lentement mais sûrement ma confiance en cette dernière chance...

samedi 27 février 2010

En route vers notre dernier essai

Ça y est! Je viens de me piquer avec Ovidrel, mon fameux déclencheur d'ovulation. Cette étape clôt une semaine remplie d'émotions. La partie plus fébrile de notre cycle vient de s'amorcer.

J'ai vécu une semaine d'enfer. Clomid 150 mg m'a achevée. Je suis brûlée. Nous avons décidé que c'était la dernière fois que je prenais des hormones. Après neuf cycles d'hormonothérapie, je n'en peux juste plus. Cette décision est autant apaisante que pénible. Je sens un poids se soulever de mes épaules, mais j'ai la mauvaise impression de baisser les bras, d'abandonner mon plus grand rêve. Je sais que ce n'est que pour reprendre notre souffle, reprendre nos forces. Je trouve tout de même difficile d'accepter cette pause forcée. Mon corps ne me laisse plus vraiment le choix...

Hier, j'ai eu mon échographie d'ovulation. J'avais deux follicules quasi matures de 16 et 17 mm que je force, au cours des prochaines 36 heures, à éclore pour donner deux beaux ovules. Donc deux chances de confectionner un petit miracle de vie...

Demain et lundi auront lieu nos deux inséminations. Notre dernier véritable essai pour un bon moment. Je n'arrive pas à retrouver mon courage et ma détermination. Je n'ai plus confiance... Définitivement, cette pause nous fera le plus grand bien. Malheureusement.

mardi 23 février 2010

Montagne russe

Malheureusement, ma grande détermination à reprendre le combat s'est affaiblie. Ma déprime ne me quitte plus et avec les nuits d'insomnie qui s'accumulent (cinq en ligne, argh!) je suis de plus en plus épuisée physiquement et émotionnellement. J'ai pris ce matin un rendez-vous avec la psychologue de la clinique pour ce vendredi matin (juste avant mon écho d'ovu) Je crois en avoir plus que besoin.

J'ai pris la décision que c'était notre dernier mois d'essai avant une pause de quelques mois. Mon amoureux respecte ma décision. Disons qu'il est aussi essoufflé que moi. Je n'en peux tout simplement plus des hormones aux doses augmentées, je n'en peux plus des rendez-vous d'échographie, de suivis et d'insémination qui affectent mon travail et celui de mes collègues, je n'en peux plus des essais tout court. J'en ai marre d'être devenue une experte en infertilité et en conception de bébé (malgré mon incapacité à y arriver) Je veux retrouver ma légèreté et mon innocence de nos débuts, me dire adviendra que pourra, prendre soin de moi. Je ne crois pas qu'en étant aussi épuisée, je puisse être en mesure de confectionner un beau petit bébé.

Je sais que je suis plus que difficile à suivre dans mes montagnes russes émotionnelles. Je peux mettre cela sur le compte des hormones. Moi qui était incapable d'envisager un arrêt à nos essais, me voici soulager juste à l'idée de prendre une pause.

Je vais continuer à prendre soin de moi afin de retrouver mon positivisme et ma force d'antan. Je vais continuer à voir mon acuponcteur, à prendre mes pilules d'huile d'onagre, à faire du yoga, je vais continuer ma méditation chantée à tous les soirs. Je vais prendre soin de mon petit moi-même. Alléluia.

mercredi 17 février 2010

Retour à la réalité

Bon, ce reality check si cruel semble se digérer plus lentement que les 22 précédents. J'ai fait le compte. L'arrière-goût qui nous reste en bouche est tellement amer. Comment faire autrement?

J'ai beau me retrousser les manches et passer par dessus la déception (et la colère et la tristesse et l'incompréhension), reste que ma détermination s'affaiblit. Ce n'est pas une défaite où nous pourrions nous demander ce que nous aurions pu faire de plus. Tout a été fait. J'étais même très zen. J'étais même persuadée...

Mais bon, j'ai recommencé à prendre Clomid à ma nouvelle dose augmentée de 150 mg par jour. Déjà deux jours de faits sur cinq. Les chaleurs n'ont pas encore commencé, mais mes troubles de vision sont déjà là, fidèles au poste. En parallèle, j'ai recommencé des traitements d'acuponcture aussi et je prends maintenant des capsules d'huile d'onagre. Je fais même une méditation chantée pour l'abondance à tous les soirs avant de me coucher. Bref, j'essaie de faire plus d'efforts pour atteindre notre plus grand rêve.

Ne me reste qu'à retrouver ma zénitude perdue...

dimanche 14 février 2010

Déception

Hé oui, les résultats de notre deuxième IAC sont connus. Ce matin, j'ai fait un test de grossesse digital qui m'a clairement dit en grosses lettres majuscules: PAS ENCEINTE, NOT PREGNANT. Il n'y a donc aucun doute sur notre échec.

Je suis plus fâchée que triste de savoir qu'on doit tout recommencer. Je crois que de savoir que je vais devoir reprendre Clomid pour une neuvième fois, et à 150mg cette fois-ci, et d'avoir à m'absenter du travail pour des échographies d'ovulation et pour les inséminations m'écoeure au plus haut point. Je sais bien qu'il faut faire des efforts pour atteindre ses rêves, mais je crois avoir assez donné, non?

Je suis fâchée aussi de vous avoir tous fait embarquer dans mon délire avec moi. Je me sens stupide d'y avoir cru, mais qui aurait fait autrement? Avec l'échographie qui nous a bien montré mon follicule, avec l'injection d'Ovidrel pour déclencher l'ovulation, avec les deux inséminations de millions de petits soldats vaillants, je crois qu'il était normal d'y croire, non?

J'ai le goût de hurler, de saccager notre appartement, de détruire quelque chose. La patience et l'innocence des premiers balbutiements de nos essais me manquent terriblement. J'ai tellement mal.

Je recommencerai à prendre mes foutues hormones dans quelques jours et je devrai recontacter la clinique de fertilité pour fixer un premier rendez-vous d'échographie d'ovulation. J'espère du plus profond de mon coeur que ma nouvelle dose augmentée de Clomid déclenchera la maturation d'au moins deux follicules et qu'en bout de ligne, nous aurons minimum deux chances plutôt qu'une d'avoir un petit bébé.

Et en route pour une troisième insémination.

vendredi 12 février 2010

Jell-O et cornichons

Définitivement, ma sérénité des derniers jours s'est envolée. Tout en essayant de rester rationnelle, je ne peux m'empêcher de psychotter. Après trois journées à m’endormir dès 16h, il y a matière à se faire des idées! Surtout que les deux dernières nuits, j’ai dormi dix heures en ligne, je devrais être pétante d’énergie aujourd’hui, non? Hé bien, non, justement! J’ai la tête dans le Jell-O. Je suis totalement amorphe. Et mon sentiment d’avoir une petite crevette en construction dans mon bedon n’en est que davantage ravivé!

D’autant plus que ce matin, au boulot, j’ai eu soudainement une envie de cornichons. Stéréotype maximal de la femme enceinte. Ne me manquait plus que l’envie de la crème glacée avec ça! Et il faut tout de même spécifier que moi, les cornichons, c’est pas mon fort. Vraiment pas, en plus. Mais je suis, en ce moment, en train de rassasier ma fringale tout en vidant le pots de cornichons.

Intuition ou délire? La réponse dans quelques jours…

mardi 9 février 2010

Certitude

Je tomberai de haut si je me leurre, mais j'ai la certitude d'être enceinte. C'est tout de même très tôt pour le savoir ou même pour le tester, mais j'ai ce petit sentiment que ça y est. Encore cinq dodos avant de confirmer cette intuition.

D'un point de vue foncièrement mathématique, après tous ces mois d'attente et de résultats négatifs, la probabilité ne peut être que positive. Surtout avec notre IAC qui s'est déroulée à merveille avec les deux contigents des nombreux petits soldats vigoureux débarqués au moment exact où mademoiselle Ovu était prête!

Je ne vis que d'espoir et de patience. Je me sens très zen et je compte les dodos. Après tout, pourquoi pas? Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être notre moment?

mercredi 3 février 2010

bip, bip, bip!

Être en essai bébé depuis aussi longtemps, en plus d'être suivie en fertilité, nous amène en montagnes russes émotionnelles. Chaque petit détail est analysé, la naïveté des débutants n'est plus. Je connais maintenant trop bien mon corps pour ne plus y porter attention. J'ai pris l'habitude, avec les mois qui passent, à compiler toutes ces petites données dans un journal de bord rouge. Courbe de température, tests d'ovulation, symptômes pré-ovulatoires et pré-menstruels, etc. Malgré que nos essais soient maintenant extrêmement différents, puisque nous procédons à des inséminations avec prise d'hormones, j'ai continué rituellement à prendre ma température à tous les matins.

Pour prendre sa température basale, il est primordial d'avoir le bon thermomètre. Évidemment, sommes-nous étonnés, le thermomètre le plus vendu pour ce fait est rose. Donc ce fameux thermomètre rose est utilisé par un grand pourcentage de femmes qui essaient de tracer un portrait de leurs cycles. Et ce fameux thermomètre rose fait bip, bip, bip aux quatre secondes jusqu'à ce que la température basale soit détectée. Ayant utilisé ce fameux thermomètre rose au courant de la dernière année, à tous les matins, je peux vous dire que je suis heureuse de le ranger au fin fond d'un tiroir, loin, loin, loin de mon lit.

Un cycle se sépare, grossièrement, en trois phases: la phase folliculaire (commence dès le début des règles et consiste à la maturation des fameux follicules), l’ovulation (d'une durée de 24 heures en moyenne) et la phase lutéale (entre 12 et 16 jours). Donc la courbe de température est constituée de deux plateaux, un bas et un haut, et la coupure entre les deux consiste en l'ovulation.

Même après les IAC du début de la semaine, j'ai continué à prendre ma température pour observer cette montée de température significative d'ovulation. À mon grand désarroi, même ce matin, ma température était toujours basse! Je me suis donc fait des tonnes de scénarios beaucoup moins positifs que ceux des derniers jours. Je me suis dit que je ne devais pas avoir fait l'injection d'Ovidrel comme il se devait ou que je n'avais pas du tout ovulé. Bref, j'ai paniqué.

J'ai contacté l'infirmière de la clinique de fertilité et elle m'a rassurée tout en me faisant un peu la morale. Si le médecin avait bien vu mon beau follicule à l'échographie et si j'avais fait mon injection d'Ovidrel deux jours après, il était plus que certain que j'ai ovulé. Ouf! Elle m'a conseillé de ranger mon fameux thermomètre rose, de respirer et de prendre mon mal en patience pour les deux prochaines semaines. Argh!

Alors, voilà. Mon fameux thermomètre rose n'est plus sous mon oreiller. Adieu les bip, bip, bip matinaux. Je risque tout de même de le chercher à tâtons demain matin, mais c'est pour une bonne cause. Ma santé mentale et ma zénitude si fragile des prochains jours en dépendent.

Après une grande descente folle et paniquante, la montagne russe émotionnelle remonte et bifurque pour revenir à un stade de psychottage plus positif. Alléluia.

lundi 1 février 2010

La grande aventure de Mademoiselle Ovu la charmeuse et des Zozos super héros

Bon, les jeux sont faits, rien ne va plus!

Depuis mon échographie de jeudi dernier, je laisse mon imagination fertile me bercer. Au début, je visualisais avec fierté mon beau follicule grossir et devenir mature. Puis, tout au long de la journée samedi, après avoir fait mon injection d'Ovidrel, je l'ai imaginé devenir le plus beaux des ovules. Le soir venu, fébrile à la seule pensée que notre IAC débutait le lendemain, je me suis fait toutes sortes de scénarios avant de m'endormir. On a toujours dit que la visualisation était une bonne technique pour réussir quelque chose, alors je me suis lancée à fond dans mon imaginaire. Et c'est là que La grande aventure de Mademoiselle Ovu la charmeuse et des Zozos super héros à commencer!

Quand le laboratoire nettoie l'échantillon de sperme, il l'analyse aussi, calculant la quantité de spermatozoïdes et les classant par catégorie de mobilité (rapides, moyens, lents). Alors, dimanche matin, lors de notre première insémination, les résultats étaient les suivants: 40 millions de petits soldats par millilitres dont 30% de rapides. Comme j'ai le plus beaux des ovules au monde, je me suis dit que tous ces petits zozos ne pourraient lui résister! Je les ai imaginés se battre pour la charmante mademoiselle Ovu tentant d'être l'élu. Enfin, ce matin avait lieu la deuxième IAC avec 25 millions de petits soldats par millilitres dont 35% de rapides. Il est clair qu'avec ce deuxième contingent de zozos super héros, Mademoiselle Ovu aura trouvé son jules!

Je suis plus que confiante. Ne reste que 14 jours à attendre... et boire du jus d'ananas! La croyance populaire veut que le jus d'ananas ait des propriétés extraordinaires (ok, j'exagère!) pour la nidation de l'ovule fécondé. Tant qu'à attendre les bras croisés, aussi bien mettre toutes les chances de notre côté.

IAC #2, prise 2 (observation)

Je vous ecris en direct de la salle d'attente chez Procrea, d'ou les accents manquants. Et la, la fille en moi ne peut s'empecher d'observer et de porter des jugements sur les gens qui l'entourent. En fait, un couple en particulier.

Ils etaient la hier aussi. L'homme ressemble a mon papa de 61 ans avec sa petite moustache poivre et sel et ses pattes d'oie au coin des yeux. La femme semble avoir minimum 50 ans, avec sa petite montre de grand-mere bien lovee dans le creux de son poignet potelé et son foulard dans ses cheveux. Ils ont une petite fille d'environ 6 ans et le papa, surtout, semble incapable de la suivre quand elle parle. Definitivement, ils ont l'air d'etre ses grands-parents, mais elle les appelle papa et maman et parle du bebe que maman va avoir dans son bedon. Ca me trouble profondement. Assumons qu'ils aient juste l'air plus vieux que leurs ages reels et qu'ils aient 50 ans (ils ne peuvent vraiment pas etre plus jeune!), ca leur donne 45 ans de difference avec leur fille ainee et 50 ans avec leur bebe en confection. Je ne sais pas, mais c'est beaucoup, non? J'ai beau essaye d'imaginer leur histoire (ils ont trouve l'amour tard et ont toujours voulu fonder une famille), je ne comprends pas. J'ai beau avoir le plus grand desir de devenir maman, je me dis que passer 40 ans, si je n'ai toujours pas d'enfants, je vais me faire d'autres projets. Je me sens totalement mesquine quand je dis ca. On en reparlera quand j'aurai 40 ans (quoique j'aurai 4 enfants a ce moment-la, hihihi)

Bon, j'attends qu'on m'appelle pour la prise deux de notre deuxieme IAC. Je suis moins nerveuse qu'hier et davantage confiante. Les resultats dans deux longues semaines...