jeudi 14 janvier 2010

Commençons par le commencement

J'ai toujours voulu des enfants. Une grande tablée d'enfants. Du plus loin que je peux me rappeller, j'ai toujours voulu être maman. Et plus le temps passe et plus ce besoin se fait présent et urgent.

À 8 ou 9 ans, j'avais un calpin dans lequel j'inscrivais le nom de tous mes enfants. Je m'inventais une famille nombreuse (allant jusqu'à 14 enfants!) et je feuilletais le catalogue Sears pour les habiller et meubler leurs chambres. Je pouvais passer des heures à rêvasser, immobile sur mon lit. Il en nécessiterait que cinq minutes à un adepte de psycho pop pour en déduire que c'est probablement dû aux erreurs de mes parents et à mon enfance solitaire que ce besoin est si vif chez moi. Mais on fait avec ce que l'on a et je n'en veux pas à mes parents. Ils ont agi au meilleur de leurs moyens et connaissances, selon moi.

Devenue maintenant adulte, je ne rêve que du jour où je tiendrai mon enfant dans mes bras. Mon enfant. La route vers notre plus grand rêve est souvent ardue et douloureuse. C'est probablement la raison pour laquelle j'ai débuté ce blog, pour ventiler, faisant fi de mon orgueil à m'exposer ainsi, car je me sens prête à exploser de toute cette frustration et cette tristesse accumulées. Si le plan de match est toujours le même, il ne nous resterait que deux chances de concevoir ce petit miracle de vie.

Mais commençons par le commencement.

J'ai rencontré mon amoureux au boulot. J'étais en couple à l'époque et le sujet des bébés était bien présent et nous avions planifié arrêter la contraception. Mais cette manoeuvre a été retardée puisque notre couple battait de l'aile. C'est à cette même époque que Frank et moi avons débuté notre flirt. Après un aveu fort éloquent de ce dernier, j'ai eu une courte remise en question avant de changer les voiles de côté et de repartir dans une autre direction avec un autre copilote. Je n'ai jamais regretté ma décision. J'ai le meilleur des amoureux, il est mon refuge, et notre couple est solide comme le roc et même plus.

Il était bien avisé dès nos premiers babillements amoureux que je voulais des enfants, beaucoup et bientôt. Il n'a pas fui, même si l'idée d'être père ne lui avait jamais traversé l'esprit. Quelques mois après le début de notre relation, nous sommes aménagés ensemble et j'ai arrêté la pilule contraceptive. Nous nous disions: Adviendra que pourra. Nous étions un jeune couple amoureux et n'étions pas pressés et ne calculions rien... mais dans l'année qui a suivi, j'ai vite réalisé qu'il y avait une problématique. J'avais des cycles totalement irréguliers, variant entre 22 et 60 jours. J'ai même eu deux épisodes de règles de 20 et 37 jours. Mon système était-il en mesure de procréer? Évidemment, mes pensées étaient de plus en plus souvent tournées vers ce doute qui s'encrait en moi. Surtout que Frank avait affirmé son désir d'enfant durant notre voyage en Allemagne à l'été 2008. J'ai donc fixé un rendez-vous avec le premier gynécologue qui pouvait me recevoir. Erreur.

Ça a marqué le début de nos déboires.

Le médecin m'a prescrit du Provera, pour déclencher un cycle parce qu'il nous était impossible de savoir où j'en étais, et du Clomid 50mg, pour 3 mois. Clomid (ou citrate de clomiphène) est une hormone synthétique qui sert, grossièrement, à induire une ovulation. Donc, ça rend les cycles plus réguliers, puisque l'ovulation est forcée. Cinq comprimés doivent être pris du troisième au septième jour du cycle. C'est simple comme bonjour. Donc, après les deux semaines d'enfer suite à la prise du Provera, j'ai finalement eu le retour de la vilaine rosie (alleluia!) et un premier cycle sous Clomid a été amorcé. Et un autre enfer a débuté.

C'est bien beau de garder en tête que tout ceci est fait pour concevoir un petit bébé, mais les effets secondaires des hormones sont plutôt atroces. Si nous ne considérons pas l'acnée ni la prise de poids (15 livres en un an, ce n'est pas nécessairement beaucoup, mais c'est assez pour ne plus rentrer dans ses pantalons et se sentir moche) malgré la perte d'appétit qui survient dans la semaine de prise de Clomid, les bouffées de chaleur qui nous prennent à n'importe quel moment du jour (causant des étourdissements et des maux de coeur) ou de la nuit (causant une fameuse insomnie) rendent l'existence assez misérable pendant deux semaines suivant la prise de Clomid.

Bref, trois premiers cycles avec Clomid 50mg ont eu lieu durant lesquels j'ai commencé à prendre ma température à tous les matins pour dresser une courbe de température et concilier toutes mes observations physiques (glaire, pincement aux ovaires, seins douloureux, etc.) C'est ainsi que j'ai appris à guetter tous les moindres signes indicateurs d'ovulation et ceux annonciateurs de rosie. J'ai aussi commencé à la même époque à faire des tests d'ovulation pour déterminer à quel moment précisément j'étais fertile. Malgré les câlins bien placés, notre petit miracle de vie se faisait attendre. J'ai décidé de rencontrer une gynécologue spécialisée en trouble d'infertilité. Cette fois-ci, j'ai bien fait mes recherches pour dénicher un médecin qui voudrait bien nous aider.

En juin 2009, je n'ai pas pris d'hormones pour pouvoir effectuer une batterie de tests.

Premier test: Bilan de réserve ovarienne
Résultat: J'aurais de beaux et nombreux follicules (petits amas de cellule, se trouvant dans les ovaires, qui maturent durant le cycle et le plus fort du groupe deviendra, chaque mois, l'ovule relâché) Bref, j'en aurais quelques 14 d'un côté et 17 de l'autre et ce serait très bien. Me voilà fière de mon système reproducteur pour la première fois.

Deuxième test: Spermogramme pour Frank
Résultat: Suite à l'analyse des petits zozos de mon amoureux, une problématique non envisagée jusqu'à présent se dévoile: les petits soldats sont très nombreux, mais très paresseux. Moins de 4% des quelques 60 millions par mL seraient de bonne mobilité. C'est beaucoup, quand même 4% de 60 millions, mais il ne faut pas oublier les 96% qui sont amorphes ou immobiles bloquent le chemin aux coureurs. Frank doit donc refaire un spermogramme et est aussi envoyé en consultation avec un urologue.

Troisième test: Hystérosalpingographie
Résultat: Un liquide radio-opaque est injectée dans chacune de mes trompes de Fallope pour vérifier leur perméabilité. Mes trompes ne sont pas bloquées. Alleluia!

Quatrième test: Consultation avec l'urologue
Résultat: Comme le résultat du deuxième spermogramme était aussi désastreux, sinon pire, que le premier, l'urologue a confirmé le diagnostic de varicocèle ou, si vous préférez, de varice dans le testicule gauche causant la fluctuation de la qualité des spermatozoïdes. Rien ne peut vraiment être fait autre que prier qu'au moment de mon ovulation, nous ayons droit à des soldats forts et rapides.

Au jour 27 de mon cycle sans hormones, nous apportons tous ces résultats à la docteure, ainsi que les résultats de prises de sang et ma courbe de température. Suite à l'analyse de cette dernière, il est bien évident qu'aucune ovulation n'a encore eu lieu. Nous pouvons donc dire que sans hormones, je n'ovule pas. Ce serait ma seule problématique, puisque tous mes autres résultats sont beaux. Alors elle double ma dose de Clomid pour deux mois. Si après deux cycles, je ne suis toujours pas enceinte, nous procéderons à la phase deux de notre plan d'action: l'insémination intra-utérine.

Surprise!

Quelques jours après notre rencontre avec la médecin, et grâce à ma super courbe de température, je constate que j'ai ovulé! Toute seule, sans hormones, comme une grande!

Surprise (bis)!

Deux semaines plus tard, à ma fête de 27 ans, je fais un test de grossesse qui s'avère positif. Je suis enceinte! Notre bonheur est malheureusement de courte durée, puisque trois jours plus tard, je fais une fausse couche précoce...

Il m'a fallu 65 jours avant que rosie ne revienne me visiter. 65 jours à me sentir prête à recommencer les essais bébé, sans que mon corps ne veule coopérer. 65 jours à attendre de pouvoir reprendre mes fameuses hormones. C'est durant notre voyage à Boston que j'ai eu mon retour de règle. Quel soulagement.

En septembre 2009, nous avons entrepris le premier des deux cycles avec Clomid 100mg qui se sont avérés, encore une fois, non concluant. Débute alors notre aventure IAC.

IAC: insémination avec sperme du conjoint
L'homme fournit son échantillon de sperme le matin de l'insémination. Ce dernier est analysé et nettoyé en laboratoire pour avoir un concentré des meilleurs zozos. Un mince cathéter souple est inséré dans le col de l'utérus de la femme pour y injecter l'échantillon de sperme.

Comme mes courbes de température démontraient de bonnes ovulations avec la prise d'hormones, le plan était simple: je prenais mes hormones comme d'habitude du jour 3 au jour 7 et je faisais des tests d'ovulation à compter du jour 12 et quand mon test d'ovulation serait positif, je téléphonerais pour avoir une insémination le jour même. Le problème est que, dès le premier jour de test d'ovulation, ce dernier était super positif. Un gros doute a germé en moi, tous mes autres cycles avec les hormones, mes ovulations avaient lieu aux alentours du jour 18, pas 12! Mais la secrétaire de la clinique de fertilité m'a dit: ton test est positif, on fait l'insémination! Nous nous sommes donc présentés à la clinique deux jours de suite pour effectuer les inséminations. C'est de cette façon que la résidente qui a procéder à l'IAC m'a appris qu'il se pouvait que j'aie des ovaires polykystiques, car les femmes ayant des OPK testeraient toujours positif sur les tests d'ovulation! J'aurais bien aimé le savoir avant, non?

Bref, vous devez vous en douter, l'insémination n'a pas été positive. Nous voici donc rendus à quelques semaines de Noël 2009 et je réalise que ma prochaine période fertile sera entre Noël et le jour de l'An et que la clinique de fertilité sera fermée à ce moment-là. Panique, colère, tristesse. Nous devons attendre un autre mois, aussi bien tenter de décrocher.

Évidemment, nous n'avons pas décroché, nous avons câliner comme des fous durant le temps des Fêtes en se disant que peut-être nous aurions une petite surprise... Mais aujourd'hui, j'ai la confirmation que non, nous n'avons toujours pas réussi à avoir notre petit miracle de vie.

Alors, voilà. Je dois appeller la clinique de fertilité pour planifier notre prochaine IAC qui aura lieu d'ici 20 jours. Cette fois-ci, je devrai avoir des échographies pour déterminer mon ovulation pour ne pas procéder trop rapidement.

J'ai dit au début qu'il ne nous restait que deux chances de faire un petit bébé. Le plan original comportait 3 IAC. Ensuite, ce sera probablement les fécondations in vitro, mais nous n'avons pas les moyens. Alors, il ne nous reste que deux chances...

Évidemment, je suis plus que triste, alors je suis défaitiste... après plus de deux ans d'attente, la patience et l'optimisme se font plutôt rares.

Ce blog me servira de journal de bord pour nos prochaines IAC. Peut-être qu'en parler m'aidera à passer au travers...

Marie-Ève

Aucun commentaire: