dimanche 31 octobre 2010

Le miracle que nous n'attendions plus

C'était le mois où j'y ai le moins pensé. Comme si, vraiment, le lâcher prise avait guéri nos petits défauts. Un miracle reste un miracle et vient rarement avec des explications.

Tout d'abord, le 7 août 2010, Frank et moi avons célébré nos fiançailles traditionnelles vietnamiennes entourés de nos familles et amis. C'était une journée merveilleuse durant laquelle nous avons reçu de l'amour à profusion.



Le lendemain, sous la pluie et avec l'aide de quelques amis, nous avons fait le ménage des chalets et rempli le camion de tous nos cadeaux, de la vaisselle, des restants de bouffe, de l'autel, etc. Je me suis blessée au dos. En fait, j'ai eu le dos barré pendant deux longues semaines. J'avais tellement mal que j'ai rencontré un ostéopathe à deux reprises en l'espace de dix jours. Il m'a fait réalisé que mon dos était bloqué à deux endroits, dont au sacrum (le bas de ma colonne vertébrale). En travaillant au niveau de mon sacrum, il m'a mentionné que mon utérus était tout coincé vers la gauche et il a aussi travaillé à ce niveau. Durant ces deux semaines-là, j'ai aussi rencontré mon acupuncteur qui m'a aussi fait un traitement d'urgence pour mon dos et en moins de deux semaines, tout est pas mal rentré dans l'ordre.

La fin de notre pause initiale approchait à grand pas: début septembre. Nous avions un rendez-vous avec notre médecin traitant à la clinique de fertilité pour mettre notre dossier à jour pour la FIV, cette grande étape qui était la prochaine mais que nous voulions repousser encore un peu. Le docteur nous a expliqué en long et en large le fonctionnement de la FIV et il nous a dit que nous pourrions entreprendre le processus dès que les résultats du seul et unique test qui nous restait à passer rentrerait. Nous lui avons fait comprendre que nous avions des billets pour le Viêtnam et que nous allions entreprendre la FIV qu'à notre retour en janvier 2011. Puis, Frank a dit:
De toute façon, je crois que Marie-Ève est présentement enceinte.
Le médecin, en riant, m'a demandé pourquoi je n'avais pas fait de test en pharmacie.
Parce que ça fait 3 ans qu'ils sont toujours négatifs.
Alors, Dr St-Michel a répondu:
Ça mérite une prise de sang!

Cela faisait une semaine que Frank me répétait sans cesse qu'il croyait dur comme fer que j'étais enceinte. Je faisais la sourde oreille, je ne voulais pas y croire, de peur de tomber de haut. À la clinique de fertilité, durant le 20 minutes que nous avons attendu avant d'obtenir le résultat de ma prise de sang, je lui en voulais amèrement de nous monter en bateau. Comment pouvions-nous nous permettre d'être encore aussi innocents après 3 ans d'attente et de déceptions?

L'infirmière nous a accueilli dans son bureau en nous tendant une feuille sur laquelle il était inscrit en grosses lettres majuscules: POSITIF. J'ai crié si fort que Dr St-Michel, dans son bureau de l'autre côté du corridor, m'a entendue. Frank a dû me rattraper car mes genoux m'ont lâchée alors que j'éclatais en sanglots. Frank et moi avons pleuré une bonne quinzaine de minutes sans nous lâcher. Nous allions enfin être parents.

Les deux premières semaines, malgré tout, je n'arrivais pas du tout à y croire. J'ai même refait un test en pharmacie pour m'assurer que le résultat obtenu à la clinique était bien le mien, qu'ils n'avaient pas fait erreur sur la personne. Un après-midi, j'ai commencé à avoir des petits saignements. Rien de nécessairement alarmant, mais j'ai tout de suite pensé que je perdais ce petit miracle, encore une fois. Le lendemain, les saignements étant toujours présents, j'ai appelé la secrétaire de ma gynécologue pour obtenir une requête pour une échographie de viabilité. Moins de 24 heures plus tard, Frank et moi étions à l'hôpital Ste-Justine, dans la salle d'attente du département des échographies, entourés de femmes enceintes. Mon nom a été appelé rapidement et le radiologue a commencé son échographie calmement.
Voici votre utérus.
A-t-il dit lorsque nous avons vu un gros rond noir. Mon coeur s'est affolé, je le trouvais bien vide cet utérus étrangement gonflé.
Ceci est le sac vitellin, et là, cette minuscule crevette accrochée au sac, c'est votre bébé.
Immédiatement, j'ai vu le coeur de notre bébé battre, petit point scintillant sur ce grand fond noir. Le radiologue a confirmé l'activité cardiaque et nous a dit que notre bébé mesurait 3 mm, plus ou moins un, et que je devais être enceinte de 6 semaines 3/7. Il nous a ensuite remis la première ''photographie'' de notre miracle.



Quelques jours après notre échographie, j'ai commencé à ressentir les fameux symptômes de grossesse: fatigue extrême, nausées et vomissements. Aussi bête que cela puisse paraître, j'ai aimé avoir ces symptômes bien présents, cela me rassurait sur la vitalité de notre petit bébé.

Aujourd'hui avait lieu la clarté nucale, une échographie pour vérifier les risques de trisomie ou autre anomalie. J'avais simplement hâte de revoir notre petit miracle:



Notre petit miracle de vie est attendu pour la mi-mai 2011.

Je suis une maman en devenir.

dimanche 18 juillet 2010

Engourdissement

Ces derniers temps, je me sens confuse. Pas parce que nous avons choisi de poursuivre notre pause d'essai bébé pour un autre cinq mois et de les reprendre seulement en 2011. Non, je suis très sereine avec cette idée. Du moins, du mieux que je puisse l'être. Nous sommes dans les dernières préparations pour nos fiançailles qui auront lieu dans 20 dodos et nous commençons à planifier un voyage au Viêtnam pour la fin de cette année. Plein de beaux projets pour nous changer les idées. Tout de même, je suis confuse par rapport à mes réactions face à l'idéologie bébé en général. En fait, je me sens au neutre, peut-être parce que, justement, nous sommes au chômage à ce niveau, ou peut-être parce qu'avec le temps, je me sens engourdie...

Je crois que le bon mot c'est résignation, ou endurcissement. À force d'avoir mal autant, à chaque fois, la douleur s'atténue. Non. Elle ne s'atténue pas. C'est nous qui devenons plus insensibles à cette douleur, plus détachés. Elle réussi à percer notre coquille une fois de temps à autre, mais sinon, nous sommes devenus un peu automates et défaitistes... C'est de l'autodéfense, je crois bien.

Quand notre psyschologue m'a demandé, en mars dernier, quand nous avons commencé à le consulter, si j'étais capable de faire le deuil d'avoir un enfant, je lui ai répondu un non catégorique. Que je voulais garder un peu d'espoir et que je trouvais défaitiste de me dire que je n'y arriverais jamais. Mais plus le temps passe et plus je commence à tenter de me faire à l'idée que je n'aurai peut-être jamais de bébé dans mon ventre, que je ne serai jamais maman. Je suis devenue lasse d'essayer d'y croire et je trouve que je tombe de moins haut chaque fois...

Par contre, ce n'est qu'une carapace. Nous le voulons tout autant et nous voulons y croire tout autant! Mais nous ne voulons pas nous blesser, alors nous nous cachons derrière notre armure d'impassibilité. Vendredi dernier, au boulot, la douleur a réussi a se faufiler sous mon enveloppe protectrice. De façon désinvolte, une dentiste est arrivée en avant avec une patiente, après son rendez-vous d'examen nettoyage et elle a dit: Mme UneTelle attend un petit bébé pour janvier, donc on va la revoir seulement dans 9 mois au lieu de 6... Mon ventre s'est noué quand j'ai eu l'image d'un petit colimaçon dans son bedon et comment ça avait probablement (je me trompe peut-être!) été si simple pour elle de le confectionner. Je me suis trouvée dont nulle de ne pas être capable après plus de deux ans et demi de faire la même chose. Je me suis sentie défectueuse. Bref, j'ai dû descendre en courant à la salle de bain (après avoir facturé la patiente et fixer son prochain rendez-vous avec mon plus beau sourire) pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Ça faisait longtemps que j'avais pleuré autant...

Je suis pas mal confuse, partagée entre l'espoir et le défaistisme. Ce n'est dont pas facile à gérer, cette dualité d'émotions...

lundi 5 juillet 2010

Anniversaires funèbres

Je le sais bien qu'il ne faudrait pas rendre ces dates plus lourdes de sens qu'elles ne le sont déjà. Je le sais bien qu'il ne faudrait pas mystifier ces dates et en faire des poids dans nos coeurs. Mais nous n'y pouvons rien. Pas cette année.

À pareille date, l'an dernier, j'étais enceinte. Nous croyions qu'enfin, ça y était, qu'enfin nous l'aurions notre petit bébé. Je me sentais légère comme une plume avec ce beau petit colimaçon dans mon bedon. J'irradiais de joie.

Le 7 juillet 2009, vers 14h, j'ai commencé à avoir mal au ventre. Celui qui ne ment pas. Celui qui ressemble à tous les précédents qui sont venus miner nos minces espoirs à tous les mois, mais à la puissance 10. Une heure plus tard, dans une douleur quasiment exceptionnelle pour le nombre de semaines de grossesse accomplie, je rentrais à l'hôpital. Petite crevette n'avait pas fait long feu. 4 semaines et 4 jours de grossesse, un total de 18 jours d'existence.

Nous avons cru pendant de longs mois qu'à pareille date, un an plus tard, nous aurions un autre bébé en confection dans mon bedon. Mais ce n'est pas le cas. Et je trouve que l'arrivée de cette date est d'autant plus lourde à porter. Je le sais bien qu'il ne faudrait pas mystifier ces dates et en faire des poids dans nos coeurs. Mais nous n'y pouvons rien. Pas cette année.

dimanche 6 juin 2010

changement de look de notre petit chez nous

Je suis fière de nous, couple passé maître dans l'art de la procrastination, d'avoir repeint tout le passage et la cuisine. À l'automne dernier, nous avions repeint les deux pièces doubles de l'avant de l'appartement (salon/salle à manger et bureau/chambre). Maintenant, avec le couloir et la cuisine complétés, il ne nous reste que la salle de bain et la chambre du fond, zone grise (jaune canari en fait), mais zone mystérieuse et abandonnée de notre appartement. Bon, la chambre est un capharnaüm incroyable car elle sert présentement de pièce de rangement. Nous nous disions toujours que cette chambre serait celle de notre enfant, mais comme il tarde à venir, nous sommes en pourparler pour définir sa future vocation. Nous vous en reparlerons.

Voici les magnifiques résultats de nos accomplissements de la semaine dernière!

le corridor avant


...et le corridor après:


la cuisine avant:




...la cuisine après:




À présent, les maîtres de la procrastination (et de la peinture!) vont s'affaler sur leur divan et écouter des épisodes de How I met your mother en rafale.

vendredi 28 mai 2010

Pourquoi?

Pourquoi n'y ai-je pas droit, moi aussi?

Il faudrait tout de même bien que je cesse de me faire des illusions! Après tout ce temps, tous ces efforts, toutes ces déceptions, je serais censée apprendre et comprendre, non? Peut-être n'y ai-je tout simplement pas droit!

Cette infertilité, cette calamité, cette injustice qui me fait si mal... Pourquoi donc dois-je vivre un si cruel malheur?

Ah, je me suis tellement leurrée à me dire qu'en prenant relâche de tous ces essais-bébé, je retrouverais mon bonheur, ma joie de vivre, ma zénitude envolée. FAUX! Si faux. Il fallait fondamentalement être sotte d'y avoir seulement pensé. Non mais, comment oublier ce rêve qui grandit en moi depuis mon enfance? Comment oser croire que ce désir vital pourrait être mis de côté, atténué, calmé? Comment oser croire que je serais plus légère de perdre du temps, de rallonger cette attente sans fin? Ça ne fait juste pas de sens...

Je me sens encore plus lourde. Je sens que je perds mon temps. Je perds mon temps à me faire croire qu'en prenant une pause, j'aurais plus de chance d'avoir un bébé lorsque nous reprendrions le combat?! N'est-ce pas idiot? Ou que durant notre super pause, un petit bébé miracle viendrait se nicher dans mon ventre?! Il faudrait simplement que je finisse par comprendre:

Mon ventre est vide et le restera.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!!!!!!!!!!!!! Non! Non! Et non! Je ne veux pas céder. Je veux garder un peu d'espoir même si chaque mois, j'ai si mal d'être autant déçue! Même si chaque mois qui passe, je vis de ce mince espoir qui s'aminçit avec ces mois qui passent... Même si chaque fois, je tombe de haut et recasse en mille morceaux mon coeur déjà émietté.

Pourquoi est-ce que je m'afflige cette souffrance? Pourquoi je ne peux pas passer à autre chose? Pourquoi est-ce que je ne suis toujours pas maman? Pourquoi?

Pourquoi?

mercredi 19 mai 2010

Insouciance et naïveté

L'insouciance et la naïveté ne sont plus des mots qui s'appliquent à moi. Malgré notre pause d'essais-bébé qui passe relativement rapidement (déjà deux mois!!!), je n'arrive plus à être désinvolte face à la confection d'un petit bébé. Je me disais qu'être en pause rendrait les choses plus faciles, que je déconnecterais de la dure réalité, mais il n'en est rien.

Ce que j'aimerais être innocente et découvrir que je suis enceinte sans y avoir réfléchi deux secondes! Ce que j'aimerais que le Père Noël existe vraiment... et les miracles aussi! Mais ma foi est encore aussi amochée qu'elle l'était il y a deux mois.

Bref, je réalise que c'est le genre de blessure qui ne guérira jamais vraiment. La douleur s'estompera probablement avec le temps, mais on ne revient jamais complètement de cette blessure. L'infertilité marque au fer rouge et laisse sa trace malgré tous les efforts surhumains que nous pouvons faire. Nous aurons toujours ce gros I estampé sur le coeur.

Pour le moment, en voyant le temps passé si vite, notre date butoir pour la fin de notre pause risque d'être retardée, car nous ne nous sentons pas du tout prêts à affronter les procédures d'insémination à nouveau. Juste y penser, j'ai la nausée.

Notre horaire du temps est surchargé, ça doit aider à voir le temps passé plus vite... Notre petite Stella nous occupe énormément, nous préparons nos fiançailles pour le mois d'août et nous commençons à parler d'un voyage d'un mois au Vietnam à la fin de l'année 2010. Nous continuons par tous les moyens de nous changer les idées. Du moins, tenter de nous changer les idées.

lundi 5 avril 2010

joies de maternité de substitution

Bien que nous soyons toujours en pause (ça fait quand même juste deux ou trois semaines!), nous venons d'adopter la plus merveilleuse des petites filles: Stella.

Stella a trois mois. Elle est née le 2 janvier 2010 et a été retrouvée dans une boîte sur le bord de la route le 4 janvier 2010, à seulement deux jours de vie. Elle est un mélange de berger allemand et de rottweiler. Elle est ma-gni-fi-que.

Voyez par vous-mêmes:




Nous ne connaîtrons pas de sitôt les vraies joies de la maternité et de la paternité, mais d'ici là, nous aurons une belle pratique... et une adorable boule de poils remplie d'affection à donner!!

mercredi 17 mars 2010

break syndical

Bon bien, je dois me résigner... C'est le temps d'une pause bien méritée pour reprendre notre souffle.

Merci de votre support au travers des derniers mois! Je vous reviendrai en forme à l'automne.

Bisous!

vendredi 12 mars 2010

DPA

Aujourd'hui était notre date prévue d'accouchement de notre petite poussière d'étoile. J'ai le coeur gros de toutes ces possibilités qui auraient pu être, mais la vie en a fait autrement.

Nous ne saurons jamais s'il s'agissait d'un petit pirate ou d'une petite princesse. Nous ne saurons jamais à quoi il ou elle ressemblerait. Nous ne saurons jamais quel aurait été son premier mot ou sa couleur préférée. Nous ne saurons jamais...

Une amie m'a dit: tout part de maintenant. Rien ne sert de ruminer le passé, ni de tenter de prédire le future. Apprécions nos bonheurs, petits et grands, dès maintenant.
Carpe diem...

mercredi 10 mars 2010

lueur d'espoir

Je suis sur un nuage! Ça fait du bien d'être dessus et non en dessous comme les dernières semaines...

J'ai rencontré aujourd'hui notre médecin traitant chez Procréa. Il a su requinquer ma confiance. J'ai espoir...!

Premièrement, il a regardé notre dossier et il a dit qu'il était étonné que je ne sois toujours pas enceinte (il ne savait pas que je n'avais pas encore testé pour ce cycle-ci) puisque nous avons un super bon pronostic selon lui à cause de mes bonnes réactions aux hormones et des beaux spermogrammes de mon amoureux. Bon, il se voulait encourageant, mais j'ai tout de même eu un petit serrement dans mon ventre.

Notre nouveau plan de match: trois autres inséminations avec Clomid 150 mg pour faire maturer plus d'un follicule, Ovidrel pour déclencher mon ovulation et Prométrium pour augmenter l'épaisseur de mon endomètre. Je lui ai mentionné que Clomid 150 mg avait des effets secondaires terribles. Il m'a fait comprendre que son travail à lui consistait à me rendre plus fertile pour augmenter nos chances de confectionner un petit bébé et que Clomid 100 mg ne me donnait qu'un seul follicule comparativement à Clomid 150 mg qui m'en a donné deux. Alors, endure petite!

Je lui ai parlé de Prométrium et du fait que je n'avais qu'une prescription pour 15 jours après mon ovulation, alors que je lis partout que si j'ai un test de grossesse positif, je dois le continuer et non pas l'arrêter. Il m'a expliqué que ce n'est pas nécessaire dans mon cas, qu'effectivement ma progestérone naturelle embarquera et gardera notre petite crevette bien accrochée. Habituellement, les médecins prescrivent Prométrium pour tout le premier trimestre de grossesse dans les cas de fertilisation in vitro ou pour celles qui ont fait plus de trois fausses couches. Après m'avoir expliqué tout ceci, il m'a sourit et m'a dit: "Ce n'est pas nécessaire, mais ce n'est pas nocif et si ça peut te rassurer." Alors, j'ai ma prescription de Prométrium pour quand j'aurai mon beau + sur mon test de grossesse!

Compte tenu de notre jeune âge, notre cher docteur n'est pas pressé de nous envoyer en FIV (qui est tout de même l'Étape avec un grand E après les trois prochaines IAC), même s'il est persuadé que notre taux de réussite serait de 95%! En plus, il préfère qu'on attende quelques mois avant de procéder avec le in vitro, parce que le gouvernement devrait le rembourser à 100% très bientôt (j'ai bien apprécié qu'il ait pensé à cela!)

Finalement, je lui ai demandé une prescription pour une prise de sang en cas d'un test positif, car j'aimerais connaître mon taux de BhcG (c'est comme ça quand tu as fait une fausse couche, tu deviens un brin paranoïaque). Avec un petit sourire en coin, il m'a répondu: "on est ouvert sept jours par semaine, alors passe quand tu veux!"

Bref, il a su m'insuffler un peu d'espoir pour les cinq prochains jours à venir... sinon, bien, nous savons à quoi nous en tenir pour la reprise du combat à l'automne!

dimanche 7 mars 2010

déprime

Je n'en peux plus de pleurer. J'ai mal de ne pas être capable de confectionner un petit bébé. Et je me tourne moi-même le fer dans la plaie en visitant le site de l'Association des couples infertiles du Québec (je ne savais même pas que ça existait!). J'y ai lu des témoignages de couples infertiles et je n'arrête plus de pleurer devant cette maudite injustice.

Je sais, je sais, tout n'est pas encore perdu. Je vais tester dans 8 dodos. Nais je n'y crois tellement plus! On l'attend depuis déjà trop longtemps ce petit miracle de vie et ma confiance m'a complètement désertée. Et l'attente des dpo me tue... C'est tellement lourd de ne pas être capable de se reproduire. On en vient à croire qu'on est un défaut de la nature!

Je sais que ma décision de prendre une pause après ce dernier essai est la bonne. Mon corps n'en peut plus d'être contrôlé par toutes ces hormones et je suis épuisée des procédures, sans compter que les sous commencent à nous manquer. Plus de 4000$ en un an pour des médicaments, des échographies et des IAC... Il ne faudrait pas oublié la quarantaine de tests de grossesses jetés à la poubelle avec une seule ligne! J'ai beau comprendre qu'une pause est grandement mérité, ça n'empêche pas que j'ai mal de baisser les bras comme ça, d'abandonner pour un certain temps mon plus grand rêve. Je me sens si vide...

Et puis, le 12 mars 2010 approche à grands pas. C'était ma date prévue d'accouchement pour notre petite crevette perdue. Au départ, je me disais que je serais de nouveau enceinte quand nous atteindrions cette date, mais ce n'est toujours pas le cas. Quelle surprise! J'ai mal au coeur juste à imaginer comment énorme serait ma bedaine, comment on se cognerait toujours les orteils sur notre valise prête à être attrapée au vol, près de la porte d'entrée, comment nous serions si prochainement parents.

Je vis dans une bulle ces derniers temps. Je suis déprimée et je n'ai plus le goût de sortir et de rencontrer d'autres personnes. Je commence à trouver difficile de faire semblant que tout va bien quand je suis autant déchirée. Je n'en peux plus, non plus, d'être toujours en montagnes russes extrêmes émotionnellement. J'aimerais tellement retrouvée ma petite Marie-Ève joyeuse et positive. Elle est tellement cachée loin dans mon coeur...

Je sais que cet état de déprime est passager. Ne vous inquiétez pas. Je passe au travers de toute la gamme d'émotions à tous les jours... J'avais simplement besoin de ventiler.

vendredi 5 mars 2010

Flagada

Je suis exténuée. Douze nuits consécutives sans sommeil, ça exténue. Clomid à dose augmentée, ça exténue. Définitivement, mon corps tout flagada me signale qu'il n'en peut plus des essais bébé avec des hormones qui le forcent à agir contre son gré.

Parce qu'il est plus que contrôlé ce petit corps tout flagada. Des hormones pour faire maturer les follicules, des hormones pour forcer l'ovulation, des hormones pour augmenter l'épaisseur de mon endomètre. Mon corps est esclave d'hormones dictatrices. J'ai des vertiges juste à y penser. Je peux bien être exténuée.

Je rêve de dormir calmement plus de quatre heures d'affilée, sans cauchemars ni chaleurs. La nuit dernière, la première en douze nuits, je n'ai pas eu de chaleurs. Mon sommeil a tout de même été tellement léger que j'étais réveillée aux deux heures et je prenais un bon trente minutes pour me rendormir. J'espère pouvoir recharger mes batteries ce weekend.

Maintenant que tout est fait, j'en reviens pour la vingt-troisième fois à me dire: et s'il y avait vraiment un petit bébé en confection dans mon bedon? Le délire des DPO (day post ovulation) me prend et ne m'épargne pas, malgré ma confiance ébranlée. Dix dodos...

dimanche 28 février 2010

Prométrium

Après mon échographie d'ovulation de vendredi dernier, j'étais plus que découragée. Le médecin avait refusé de mesurer mon endomètre pour déterminer s'il était trop mince ou non. Il me disait que ma progestérone naturelle ferait son boulot une fois l'ovulation passée. Mais ça ne m'a pas suffit. En fait, ça m'a complètement démoralisée.

Il s'agit tout de même de notre dernier cycle d'essais officiels avec hormonothérapie. Je voulais m'assurer que tout soit mis en place pour l'accomplissement de notre grand rêve. La réponse du médecin m'a rendue défaitiste. Je n'y croyais plus.

Dans un cycle, il y a trois phases: phase folliculaire, ovulation et phase lutéale. Suite à l'ovulation, la progestérone combinée avec l'oestrogène contribuent à la formation de l'endomètre sur les parois utérines qui sert à accueillir le zygote (ovule fécondé). Un endomètre trop mince résulte en une non nidation de l'embryon.

Ma grande crainte était que, comme l'un des effets secondaires de Clomid (l'hormone qui contribue à l'ovulation) est d'amincir l'endomètre après plusieurs cycles d'usage, les inséminations soient faites un peu dans le beurre, dans le sens où la fécondation a peut-être lieu, mais pas la nidation.

Ce matin avait lieu, pour une troisième fois, la première de deux inséminations. Lorsque nous sommes arrivés à la clinique, j'ai demandé qui était le médecin en place et on m'a annoncé que c'était celui-là même qui m'avait fait mon échographie. Je me suis mise à trembler parce que j'avais l'intention de redemander une prescription pour de la progestérone au médecin de garde. Mais c'était le même! Durant l'heure qui a suivie, je me faisais cinquante millions de scénarios dans lesquels j'engueulais le docteur jusqu'à ce qu'il cède, mais je savais bien que ce n'était pas mon genre de crier à la tête d'un médecin (quoi que ça aurait fait du bien!) Alors, c'est la tête bien basse et le visage inondé de larmes que je me suis présentée, une fois mon nom appelé, à la salle d'insémination.

Je pleurais tellement que l'infirmière a demandé à mon amoureux de m'accompagner en salle, ce qu'il ne fait jamais. Sa présence m'a été bénéfique. Quand le médecin est entré, je lui ai dit, entre deux sanglots, que je voulais absolument une prescription de progestérone pour deux raisons: c'est notre dernier cycle d'essai, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de notre côté? et depuis que je prends Clomid, mes règles sont tellement légères que ça me fait croire que mon endomètre est trop mince.

Il a accepté! Alléluia! Alors, je commence dès ce soir la prise de Prométrium pour les deux prochaines semaines. Je retrouve lentement mais sûrement ma confiance en cette dernière chance...

samedi 27 février 2010

En route vers notre dernier essai

Ça y est! Je viens de me piquer avec Ovidrel, mon fameux déclencheur d'ovulation. Cette étape clôt une semaine remplie d'émotions. La partie plus fébrile de notre cycle vient de s'amorcer.

J'ai vécu une semaine d'enfer. Clomid 150 mg m'a achevée. Je suis brûlée. Nous avons décidé que c'était la dernière fois que je prenais des hormones. Après neuf cycles d'hormonothérapie, je n'en peux juste plus. Cette décision est autant apaisante que pénible. Je sens un poids se soulever de mes épaules, mais j'ai la mauvaise impression de baisser les bras, d'abandonner mon plus grand rêve. Je sais que ce n'est que pour reprendre notre souffle, reprendre nos forces. Je trouve tout de même difficile d'accepter cette pause forcée. Mon corps ne me laisse plus vraiment le choix...

Hier, j'ai eu mon échographie d'ovulation. J'avais deux follicules quasi matures de 16 et 17 mm que je force, au cours des prochaines 36 heures, à éclore pour donner deux beaux ovules. Donc deux chances de confectionner un petit miracle de vie...

Demain et lundi auront lieu nos deux inséminations. Notre dernier véritable essai pour un bon moment. Je n'arrive pas à retrouver mon courage et ma détermination. Je n'ai plus confiance... Définitivement, cette pause nous fera le plus grand bien. Malheureusement.

mardi 23 février 2010

Montagne russe

Malheureusement, ma grande détermination à reprendre le combat s'est affaiblie. Ma déprime ne me quitte plus et avec les nuits d'insomnie qui s'accumulent (cinq en ligne, argh!) je suis de plus en plus épuisée physiquement et émotionnellement. J'ai pris ce matin un rendez-vous avec la psychologue de la clinique pour ce vendredi matin (juste avant mon écho d'ovu) Je crois en avoir plus que besoin.

J'ai pris la décision que c'était notre dernier mois d'essai avant une pause de quelques mois. Mon amoureux respecte ma décision. Disons qu'il est aussi essoufflé que moi. Je n'en peux tout simplement plus des hormones aux doses augmentées, je n'en peux plus des rendez-vous d'échographie, de suivis et d'insémination qui affectent mon travail et celui de mes collègues, je n'en peux plus des essais tout court. J'en ai marre d'être devenue une experte en infertilité et en conception de bébé (malgré mon incapacité à y arriver) Je veux retrouver ma légèreté et mon innocence de nos débuts, me dire adviendra que pourra, prendre soin de moi. Je ne crois pas qu'en étant aussi épuisée, je puisse être en mesure de confectionner un beau petit bébé.

Je sais que je suis plus que difficile à suivre dans mes montagnes russes émotionnelles. Je peux mettre cela sur le compte des hormones. Moi qui était incapable d'envisager un arrêt à nos essais, me voici soulager juste à l'idée de prendre une pause.

Je vais continuer à prendre soin de moi afin de retrouver mon positivisme et ma force d'antan. Je vais continuer à voir mon acuponcteur, à prendre mes pilules d'huile d'onagre, à faire du yoga, je vais continuer ma méditation chantée à tous les soirs. Je vais prendre soin de mon petit moi-même. Alléluia.

mercredi 17 février 2010

Retour à la réalité

Bon, ce reality check si cruel semble se digérer plus lentement que les 22 précédents. J'ai fait le compte. L'arrière-goût qui nous reste en bouche est tellement amer. Comment faire autrement?

J'ai beau me retrousser les manches et passer par dessus la déception (et la colère et la tristesse et l'incompréhension), reste que ma détermination s'affaiblit. Ce n'est pas une défaite où nous pourrions nous demander ce que nous aurions pu faire de plus. Tout a été fait. J'étais même très zen. J'étais même persuadée...

Mais bon, j'ai recommencé à prendre Clomid à ma nouvelle dose augmentée de 150 mg par jour. Déjà deux jours de faits sur cinq. Les chaleurs n'ont pas encore commencé, mais mes troubles de vision sont déjà là, fidèles au poste. En parallèle, j'ai recommencé des traitements d'acuponcture aussi et je prends maintenant des capsules d'huile d'onagre. Je fais même une méditation chantée pour l'abondance à tous les soirs avant de me coucher. Bref, j'essaie de faire plus d'efforts pour atteindre notre plus grand rêve.

Ne me reste qu'à retrouver ma zénitude perdue...

dimanche 14 février 2010

Déception

Hé oui, les résultats de notre deuxième IAC sont connus. Ce matin, j'ai fait un test de grossesse digital qui m'a clairement dit en grosses lettres majuscules: PAS ENCEINTE, NOT PREGNANT. Il n'y a donc aucun doute sur notre échec.

Je suis plus fâchée que triste de savoir qu'on doit tout recommencer. Je crois que de savoir que je vais devoir reprendre Clomid pour une neuvième fois, et à 150mg cette fois-ci, et d'avoir à m'absenter du travail pour des échographies d'ovulation et pour les inséminations m'écoeure au plus haut point. Je sais bien qu'il faut faire des efforts pour atteindre ses rêves, mais je crois avoir assez donné, non?

Je suis fâchée aussi de vous avoir tous fait embarquer dans mon délire avec moi. Je me sens stupide d'y avoir cru, mais qui aurait fait autrement? Avec l'échographie qui nous a bien montré mon follicule, avec l'injection d'Ovidrel pour déclencher l'ovulation, avec les deux inséminations de millions de petits soldats vaillants, je crois qu'il était normal d'y croire, non?

J'ai le goût de hurler, de saccager notre appartement, de détruire quelque chose. La patience et l'innocence des premiers balbutiements de nos essais me manquent terriblement. J'ai tellement mal.

Je recommencerai à prendre mes foutues hormones dans quelques jours et je devrai recontacter la clinique de fertilité pour fixer un premier rendez-vous d'échographie d'ovulation. J'espère du plus profond de mon coeur que ma nouvelle dose augmentée de Clomid déclenchera la maturation d'au moins deux follicules et qu'en bout de ligne, nous aurons minimum deux chances plutôt qu'une d'avoir un petit bébé.

Et en route pour une troisième insémination.

vendredi 12 février 2010

Jell-O et cornichons

Définitivement, ma sérénité des derniers jours s'est envolée. Tout en essayant de rester rationnelle, je ne peux m'empêcher de psychotter. Après trois journées à m’endormir dès 16h, il y a matière à se faire des idées! Surtout que les deux dernières nuits, j’ai dormi dix heures en ligne, je devrais être pétante d’énergie aujourd’hui, non? Hé bien, non, justement! J’ai la tête dans le Jell-O. Je suis totalement amorphe. Et mon sentiment d’avoir une petite crevette en construction dans mon bedon n’en est que davantage ravivé!

D’autant plus que ce matin, au boulot, j’ai eu soudainement une envie de cornichons. Stéréotype maximal de la femme enceinte. Ne me manquait plus que l’envie de la crème glacée avec ça! Et il faut tout de même spécifier que moi, les cornichons, c’est pas mon fort. Vraiment pas, en plus. Mais je suis, en ce moment, en train de rassasier ma fringale tout en vidant le pots de cornichons.

Intuition ou délire? La réponse dans quelques jours…

mardi 9 février 2010

Certitude

Je tomberai de haut si je me leurre, mais j'ai la certitude d'être enceinte. C'est tout de même très tôt pour le savoir ou même pour le tester, mais j'ai ce petit sentiment que ça y est. Encore cinq dodos avant de confirmer cette intuition.

D'un point de vue foncièrement mathématique, après tous ces mois d'attente et de résultats négatifs, la probabilité ne peut être que positive. Surtout avec notre IAC qui s'est déroulée à merveille avec les deux contigents des nombreux petits soldats vigoureux débarqués au moment exact où mademoiselle Ovu était prête!

Je ne vis que d'espoir et de patience. Je me sens très zen et je compte les dodos. Après tout, pourquoi pas? Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être notre moment?

mercredi 3 février 2010

bip, bip, bip!

Être en essai bébé depuis aussi longtemps, en plus d'être suivie en fertilité, nous amène en montagnes russes émotionnelles. Chaque petit détail est analysé, la naïveté des débutants n'est plus. Je connais maintenant trop bien mon corps pour ne plus y porter attention. J'ai pris l'habitude, avec les mois qui passent, à compiler toutes ces petites données dans un journal de bord rouge. Courbe de température, tests d'ovulation, symptômes pré-ovulatoires et pré-menstruels, etc. Malgré que nos essais soient maintenant extrêmement différents, puisque nous procédons à des inséminations avec prise d'hormones, j'ai continué rituellement à prendre ma température à tous les matins.

Pour prendre sa température basale, il est primordial d'avoir le bon thermomètre. Évidemment, sommes-nous étonnés, le thermomètre le plus vendu pour ce fait est rose. Donc ce fameux thermomètre rose est utilisé par un grand pourcentage de femmes qui essaient de tracer un portrait de leurs cycles. Et ce fameux thermomètre rose fait bip, bip, bip aux quatre secondes jusqu'à ce que la température basale soit détectée. Ayant utilisé ce fameux thermomètre rose au courant de la dernière année, à tous les matins, je peux vous dire que je suis heureuse de le ranger au fin fond d'un tiroir, loin, loin, loin de mon lit.

Un cycle se sépare, grossièrement, en trois phases: la phase folliculaire (commence dès le début des règles et consiste à la maturation des fameux follicules), l’ovulation (d'une durée de 24 heures en moyenne) et la phase lutéale (entre 12 et 16 jours). Donc la courbe de température est constituée de deux plateaux, un bas et un haut, et la coupure entre les deux consiste en l'ovulation.

Même après les IAC du début de la semaine, j'ai continué à prendre ma température pour observer cette montée de température significative d'ovulation. À mon grand désarroi, même ce matin, ma température était toujours basse! Je me suis donc fait des tonnes de scénarios beaucoup moins positifs que ceux des derniers jours. Je me suis dit que je ne devais pas avoir fait l'injection d'Ovidrel comme il se devait ou que je n'avais pas du tout ovulé. Bref, j'ai paniqué.

J'ai contacté l'infirmière de la clinique de fertilité et elle m'a rassurée tout en me faisant un peu la morale. Si le médecin avait bien vu mon beau follicule à l'échographie et si j'avais fait mon injection d'Ovidrel deux jours après, il était plus que certain que j'ai ovulé. Ouf! Elle m'a conseillé de ranger mon fameux thermomètre rose, de respirer et de prendre mon mal en patience pour les deux prochaines semaines. Argh!

Alors, voilà. Mon fameux thermomètre rose n'est plus sous mon oreiller. Adieu les bip, bip, bip matinaux. Je risque tout de même de le chercher à tâtons demain matin, mais c'est pour une bonne cause. Ma santé mentale et ma zénitude si fragile des prochains jours en dépendent.

Après une grande descente folle et paniquante, la montagne russe émotionnelle remonte et bifurque pour revenir à un stade de psychottage plus positif. Alléluia.

lundi 1 février 2010

La grande aventure de Mademoiselle Ovu la charmeuse et des Zozos super héros

Bon, les jeux sont faits, rien ne va plus!

Depuis mon échographie de jeudi dernier, je laisse mon imagination fertile me bercer. Au début, je visualisais avec fierté mon beau follicule grossir et devenir mature. Puis, tout au long de la journée samedi, après avoir fait mon injection d'Ovidrel, je l'ai imaginé devenir le plus beaux des ovules. Le soir venu, fébrile à la seule pensée que notre IAC débutait le lendemain, je me suis fait toutes sortes de scénarios avant de m'endormir. On a toujours dit que la visualisation était une bonne technique pour réussir quelque chose, alors je me suis lancée à fond dans mon imaginaire. Et c'est là que La grande aventure de Mademoiselle Ovu la charmeuse et des Zozos super héros à commencer!

Quand le laboratoire nettoie l'échantillon de sperme, il l'analyse aussi, calculant la quantité de spermatozoïdes et les classant par catégorie de mobilité (rapides, moyens, lents). Alors, dimanche matin, lors de notre première insémination, les résultats étaient les suivants: 40 millions de petits soldats par millilitres dont 30% de rapides. Comme j'ai le plus beaux des ovules au monde, je me suis dit que tous ces petits zozos ne pourraient lui résister! Je les ai imaginés se battre pour la charmante mademoiselle Ovu tentant d'être l'élu. Enfin, ce matin avait lieu la deuxième IAC avec 25 millions de petits soldats par millilitres dont 35% de rapides. Il est clair qu'avec ce deuxième contingent de zozos super héros, Mademoiselle Ovu aura trouvé son jules!

Je suis plus que confiante. Ne reste que 14 jours à attendre... et boire du jus d'ananas! La croyance populaire veut que le jus d'ananas ait des propriétés extraordinaires (ok, j'exagère!) pour la nidation de l'ovule fécondé. Tant qu'à attendre les bras croisés, aussi bien mettre toutes les chances de notre côté.

IAC #2, prise 2 (observation)

Je vous ecris en direct de la salle d'attente chez Procrea, d'ou les accents manquants. Et la, la fille en moi ne peut s'empecher d'observer et de porter des jugements sur les gens qui l'entourent. En fait, un couple en particulier.

Ils etaient la hier aussi. L'homme ressemble a mon papa de 61 ans avec sa petite moustache poivre et sel et ses pattes d'oie au coin des yeux. La femme semble avoir minimum 50 ans, avec sa petite montre de grand-mere bien lovee dans le creux de son poignet potelé et son foulard dans ses cheveux. Ils ont une petite fille d'environ 6 ans et le papa, surtout, semble incapable de la suivre quand elle parle. Definitivement, ils ont l'air d'etre ses grands-parents, mais elle les appelle papa et maman et parle du bebe que maman va avoir dans son bedon. Ca me trouble profondement. Assumons qu'ils aient juste l'air plus vieux que leurs ages reels et qu'ils aient 50 ans (ils ne peuvent vraiment pas etre plus jeune!), ca leur donne 45 ans de difference avec leur fille ainee et 50 ans avec leur bebe en confection. Je ne sais pas, mais c'est beaucoup, non? J'ai beau essaye d'imaginer leur histoire (ils ont trouve l'amour tard et ont toujours voulu fonder une famille), je ne comprends pas. J'ai beau avoir le plus grand desir de devenir maman, je me dis que passer 40 ans, si je n'ai toujours pas d'enfants, je vais me faire d'autres projets. Je me sens totalement mesquine quand je dis ca. On en reparlera quand j'aurai 40 ans (quoique j'aurai 4 enfants a ce moment-la, hihihi)

Bon, j'attends qu'on m'appelle pour la prise deux de notre deuxieme IAC. Je suis moins nerveuse qu'hier et davantage confiante. Les resultats dans deux longues semaines...

dimanche 31 janvier 2010

IAC #2, prise 1

C'est ce matin que ça se passe. Ouf...

Hier en avant-midi, je me suis faite mon injection d'Ovidrel comme une grande. Ensuite, pour ne plus y penser (et surtout pour ne plus penser à ce matin!), j'ai surchargé notre horaire: visite du Musée des Beaux-Arts pour voir l'exposition J. W. Waterhouse, magasinage avec notre ami Éric (qui a tout trouvé ce qu'il cherchait), visionnement du documentaire La théorie du tout au Cinéma Parallèle (direction photo totalement magnifique d'un ami de mon amoureux) et finalement, souper mexicain en fin de soirée chez Mañana pour se réchauffer des quelques -30 degrés.

Mais à 22h, bien affalée dans mon divan, épuisée de notre journée de fous (fièrement coordonnée par Matronne Bernier), j'ai repris conscience de la réalité. Notre IAC était dans moins de 24 heures! J'ai commencé à avoir peur de faire de l'insomnie... Hé bien! Morphée est venue me chercher en moins de deux! J'étais plutôt calme et sereine... jusqu'à ce que mon amoureux, incapable de dormir, vienne enfin se coucher vers 3h30 et s'endorme en moins de deux, me refilant son insomnie. Argh! Je n'ai littéralement pas fermé l'oeil depuis 3h30 ce matin. Non, je mens. Mes yeux étaient bien fermés, mais mes pensées étaient inarrêtables! Bref, à 6h30, j'en ai eu marre et je suis venue bloguer.

Alors ce matin, à 9h40, aura lieu notre première insémination de deux. J'ai confiance. Tout s'aligne, on dirait, ces derniers jours: mon instinct qui me dicte de devancer mon rendez-vous d'échographie, les merveilleuses rencontres avec des gens encore plus sublimes qui seront avec nous en pensée ce matin, la pleine lune, qui est ma force et de laquelle j'ai puisé mon énergie hier soir, etc. Tout pointe vers un dénouement imminent, heureux et positif.

Et surtout, je suis prête.

jeudi 28 janvier 2010

Et c'est reparti!

Je flotte littéralement sur un nuage.

J'ai eu mon rendez-vous pour mon échographie d'ovulation ce matin. J'étais nerveuse et j'anticipais de ne voir qu'un technicien qui ne puisse pas donner de réponse ou une résidente qui parle au travers de son chapeau. Quand j'ai vu Dr St-Michel passer le cadre de porte, je me suis retenue à deux mains pour ne pas lui sauter au cou! J'étais tellement contente d'avoir mon médecin traitant avec moi. J'ai pu lui poser toutes mes questions.

Premièrement, je lui ai parlé de sa résidente que j'avais trouvé défaitiste et désagréable. Je lui ai mentionné mes tests d'ovulation positifs trop tôt dans mon cycle et son diagnostic d'ovaires polykystiques lancés dans les airs qui m'avait alarmée tout ce temps. Je lui ai dit que j'avais trouvé inacceptable de payer 500$ pour une IAC alors qu'on n'était même pas certain que j'étais réellement en période d'ovulation. Il a eu l'air contrarié.

On a procédé avec l'échographie. Il m'a confirmé que je n'avais pas le syndrôme d'ovaires polykystiques. Moi qui m'était fait un sang d'encre! Il a ensuite observé un beau follicule (ce sont ses mots) de 14 mm de diamètre. Comme expliqué dans un post précédent, un follicule est un amas de cellule qui se trouve dans les ovaires. Il y a en plusieurs par ovaire, mais normalement, un seul mature et grossit pour devenir l'ovule relâché. Alors, j'ai donc un beau follicule quasiment assez mature pour devenir un ovule. Un follicule grossit d'environ 2 mm par jour et est considéré mature à 18mm. Donc, mon beau follicule sera mature samedi!

Alors, c'est reparti.

Samedi matin, je devrai me faire moi-même une injection d'Ovidrel, un médicament servant à déclencher l'ovulation. Une fois le médicament injecté, l'ovulation aura lieu 36 heures plus tard. Donc, nous aurons notre insémination dimanche et lundi matins.

Tout s'aligne parfaitement. Serait-ce notre moment?

Première échographie d'ovulation

Mon rendez-vous était initialement prévu pour ce samedi 30 janvier, à J16 de mon cycle, mais j'ai pris panique hier matin. Et si on se prenait trop tard et manquait mademoiselle Ovu?! Alors, j'ai fixé un premier rendez-vous d'échographie ce matin. Je suis nerveuse, parce que j'ai plusieurs questions auxquelles j'aimerais obtenir réponses aujourd'hui.

J'assume totalement mon manque de sang froid. Les sept derniers cycles avec Clomid, mon ovulation était en moyenne à J19. Les risques qu'elle soit à J14-15 ce cycle-ci sont extrêmement mince, mais bon. Ça va me rassurer d'avoir une première échographie ce matin.

Je vous en redonne des nouvelles...

lundi 25 janvier 2010

Sarah-Jade

Ma nièce est née. Mercredi le 20 janvier 2010, ce petit bijou a vu le jour et m'a causé bien des émotions. Même si je savais que son arrivée était éminente, la nouvelle m'a prise au dépourvu. Cette petite fille n'était plus que le simple bedon rond de ma soeur, pensée totalement illusoire de ma part, c'était désormais une personne réelle qui, un jour, me nommera matante. Je ne pouvais plus prétendre qu'elle ne me perturbait pas, je devais affronter mes démons.

Je suis passée par toute une gamme d'émotions et, sincérement, je crois que l'insomnie et l'humeur dépressive causées par les fameuses hormones ont amplifié celles-ci. Il est bien évident que cette petite puce me rappellera toujours ce qui aurait pu être. Mais ce n'est pas de sa faute à elle. Ce n'est pas de la faute à personne. C'est comme ça et c'est tout.

Lâcher prise semble si évident pour toutes ces âmes bienveillantes, mais ce n'est pas toujours le cas. Ma nièce a cinq jours de vie et je commence à peine à accepter qu'ainsi va la vie. Qu'elle est là et que ma petite crevette est au paradis des petites crevettes. Je mets ma main sur mon ventre et je me sens vide. C'est un sentiment si difficile à expliquer...

J'ai toutefois la plus belle des nièces au monde. Je l'aime déjà de façon inconditionnelle. Elle aura beau me rappeller ce petit bébé perdu, je ne lui en tiendrai jamais rigueur.

Admirez-moi cette merveille!

mardi 19 janvier 2010

Clomid

J'ai pris ma deuxième dose (de cinq) de Clomid aujourd'hui et, déjà, j'en ressens les effets secondaires. Les deux prochaines semaines seront longues.

Comme il s'agit de mon huitième cycle avec hormones, j'ai l'impression que mon corps y réagit plus rapidement. Voici une liste exhaustive des effets indésirables que ce petit miracle de pilule me cause:
des bouffées de chaleur (à la tonne!),
une sensibilité oculaire à la lumière,
un état de nervosité,
des étourdissements,
de la fatigue (fort probablement dû à mon insomnie qui est, elle, dûe à Clomid),
des maux de tête,
une vision double (surtout le matin ou si je déplace mon regard ''trop'' rapidement),
des troubles du sommeil.

Pendant deux semaines.

C'était ma dernière prescription à la pharmacie... en souhaitant ne pas avoir à la renouveller (ni ses @%@&%@&!#! d'effets indésirables! argh!)

C'était mon (seul) propos véhément et plaintif de la semaine. Promis.

samedi 16 janvier 2010

mise en marche de l'IAC #2

Tout d'abord, je tiens à vous remercier de tout votre support et vos beaux mots. Nous sommes profondément touchés par toutes vos marques d'affection. Merci.

Je recommence Clomid à compter de demain pour cinq jours. Ma motivation se rebâtit pièce par pièce et ma sérénité reprend le dessus. Chaque visite de rosie est toujours de plus en plus difficile à digérer, mais à un moment donné, on doit l'accepter et passer au cycle qui débute. Qu'y a-t-il d'autre à faire?

J'ai parlé avec l'infirmière de la clinique de fertilité pour connaître les procédures d'IAC avec échographie d'ovulation. Je devrai rappeller les secrétaires de la clinique pour fixer mon premier rendez-vous d'échographie dans deux semaines. Et c'est reparti...

Inspire. Expire.

Je suis prête.

vendredi 15 janvier 2010

DPA

Nous approchons de la date fatidique. La date que je redoute depuis bientôt neuf mois, celle qui me servait de barrière psychologique. Ma fameuse date prévue d'accouchement (DPA) pour bébé fausse couche.

Et je ne suis toujours pas enceinte.

Le 12 mars 2010 restera marqué à jamais au fer rouge dans ma tête et dans mon coeur même si je n'ai vécu que trois jours de bonheur, même si je ne m'étais pas encore faite à l'idée d'avoir une crevette dans mon bedon quand je l'ai perdue. D'autant plus que j'ai appris 4 semaines après ma soeur que j'étais enceinte... alors de suivre sa grossesse ne me laisse aucune chance d'oublier où j'en serais rendue. Elle est à 36 semaines, j'en serais à 32. Quand sa petite sera parmis nous, j'aurai un rappel constant de ce qui aurait pu être.

Ne vous méprenez pas. Je suis très heureuse pour ma soeur. Je suis heureuse pour toutes mes amies qui connaissent les joies de la maternité. C'est tellement un beau bonheur que de donner la vie! Je suis toutefois tellement envieuse que ça me blesse de vivre cette dualité émotionnelle. Joie et jalousie. Si vous saviez à quel point j'ai mal quand je vois une femme enceinte (et il en pleut!) ou quand je vois des petits bambins s'émerveiller devant la vie.

56 jours avant d'atteindre ma DPA. Nos deux prochaines inséminations auront eu lieu... Aurai-je droit à une petite crevette avant cette date? J'ose espérer.

Car malgré toute la négativité des cycles non concluants s'accumulant avec le temps, j'ai toujours une mini graine d'espoir qui germe en moi. Je suis peut-être naïve, mais je suis comme ça, une fille positive qui a foi en la vie (même si elle peut être salope!) Alors, osons espérer.

jeudi 14 janvier 2010

Commençons par le commencement

J'ai toujours voulu des enfants. Une grande tablée d'enfants. Du plus loin que je peux me rappeller, j'ai toujours voulu être maman. Et plus le temps passe et plus ce besoin se fait présent et urgent.

À 8 ou 9 ans, j'avais un calpin dans lequel j'inscrivais le nom de tous mes enfants. Je m'inventais une famille nombreuse (allant jusqu'à 14 enfants!) et je feuilletais le catalogue Sears pour les habiller et meubler leurs chambres. Je pouvais passer des heures à rêvasser, immobile sur mon lit. Il en nécessiterait que cinq minutes à un adepte de psycho pop pour en déduire que c'est probablement dû aux erreurs de mes parents et à mon enfance solitaire que ce besoin est si vif chez moi. Mais on fait avec ce que l'on a et je n'en veux pas à mes parents. Ils ont agi au meilleur de leurs moyens et connaissances, selon moi.

Devenue maintenant adulte, je ne rêve que du jour où je tiendrai mon enfant dans mes bras. Mon enfant. La route vers notre plus grand rêve est souvent ardue et douloureuse. C'est probablement la raison pour laquelle j'ai débuté ce blog, pour ventiler, faisant fi de mon orgueil à m'exposer ainsi, car je me sens prête à exploser de toute cette frustration et cette tristesse accumulées. Si le plan de match est toujours le même, il ne nous resterait que deux chances de concevoir ce petit miracle de vie.

Mais commençons par le commencement.

J'ai rencontré mon amoureux au boulot. J'étais en couple à l'époque et le sujet des bébés était bien présent et nous avions planifié arrêter la contraception. Mais cette manoeuvre a été retardée puisque notre couple battait de l'aile. C'est à cette même époque que Frank et moi avons débuté notre flirt. Après un aveu fort éloquent de ce dernier, j'ai eu une courte remise en question avant de changer les voiles de côté et de repartir dans une autre direction avec un autre copilote. Je n'ai jamais regretté ma décision. J'ai le meilleur des amoureux, il est mon refuge, et notre couple est solide comme le roc et même plus.

Il était bien avisé dès nos premiers babillements amoureux que je voulais des enfants, beaucoup et bientôt. Il n'a pas fui, même si l'idée d'être père ne lui avait jamais traversé l'esprit. Quelques mois après le début de notre relation, nous sommes aménagés ensemble et j'ai arrêté la pilule contraceptive. Nous nous disions: Adviendra que pourra. Nous étions un jeune couple amoureux et n'étions pas pressés et ne calculions rien... mais dans l'année qui a suivi, j'ai vite réalisé qu'il y avait une problématique. J'avais des cycles totalement irréguliers, variant entre 22 et 60 jours. J'ai même eu deux épisodes de règles de 20 et 37 jours. Mon système était-il en mesure de procréer? Évidemment, mes pensées étaient de plus en plus souvent tournées vers ce doute qui s'encrait en moi. Surtout que Frank avait affirmé son désir d'enfant durant notre voyage en Allemagne à l'été 2008. J'ai donc fixé un rendez-vous avec le premier gynécologue qui pouvait me recevoir. Erreur.

Ça a marqué le début de nos déboires.

Le médecin m'a prescrit du Provera, pour déclencher un cycle parce qu'il nous était impossible de savoir où j'en étais, et du Clomid 50mg, pour 3 mois. Clomid (ou citrate de clomiphène) est une hormone synthétique qui sert, grossièrement, à induire une ovulation. Donc, ça rend les cycles plus réguliers, puisque l'ovulation est forcée. Cinq comprimés doivent être pris du troisième au septième jour du cycle. C'est simple comme bonjour. Donc, après les deux semaines d'enfer suite à la prise du Provera, j'ai finalement eu le retour de la vilaine rosie (alleluia!) et un premier cycle sous Clomid a été amorcé. Et un autre enfer a débuté.

C'est bien beau de garder en tête que tout ceci est fait pour concevoir un petit bébé, mais les effets secondaires des hormones sont plutôt atroces. Si nous ne considérons pas l'acnée ni la prise de poids (15 livres en un an, ce n'est pas nécessairement beaucoup, mais c'est assez pour ne plus rentrer dans ses pantalons et se sentir moche) malgré la perte d'appétit qui survient dans la semaine de prise de Clomid, les bouffées de chaleur qui nous prennent à n'importe quel moment du jour (causant des étourdissements et des maux de coeur) ou de la nuit (causant une fameuse insomnie) rendent l'existence assez misérable pendant deux semaines suivant la prise de Clomid.

Bref, trois premiers cycles avec Clomid 50mg ont eu lieu durant lesquels j'ai commencé à prendre ma température à tous les matins pour dresser une courbe de température et concilier toutes mes observations physiques (glaire, pincement aux ovaires, seins douloureux, etc.) C'est ainsi que j'ai appris à guetter tous les moindres signes indicateurs d'ovulation et ceux annonciateurs de rosie. J'ai aussi commencé à la même époque à faire des tests d'ovulation pour déterminer à quel moment précisément j'étais fertile. Malgré les câlins bien placés, notre petit miracle de vie se faisait attendre. J'ai décidé de rencontrer une gynécologue spécialisée en trouble d'infertilité. Cette fois-ci, j'ai bien fait mes recherches pour dénicher un médecin qui voudrait bien nous aider.

En juin 2009, je n'ai pas pris d'hormones pour pouvoir effectuer une batterie de tests.

Premier test: Bilan de réserve ovarienne
Résultat: J'aurais de beaux et nombreux follicules (petits amas de cellule, se trouvant dans les ovaires, qui maturent durant le cycle et le plus fort du groupe deviendra, chaque mois, l'ovule relâché) Bref, j'en aurais quelques 14 d'un côté et 17 de l'autre et ce serait très bien. Me voilà fière de mon système reproducteur pour la première fois.

Deuxième test: Spermogramme pour Frank
Résultat: Suite à l'analyse des petits zozos de mon amoureux, une problématique non envisagée jusqu'à présent se dévoile: les petits soldats sont très nombreux, mais très paresseux. Moins de 4% des quelques 60 millions par mL seraient de bonne mobilité. C'est beaucoup, quand même 4% de 60 millions, mais il ne faut pas oublier les 96% qui sont amorphes ou immobiles bloquent le chemin aux coureurs. Frank doit donc refaire un spermogramme et est aussi envoyé en consultation avec un urologue.

Troisième test: Hystérosalpingographie
Résultat: Un liquide radio-opaque est injectée dans chacune de mes trompes de Fallope pour vérifier leur perméabilité. Mes trompes ne sont pas bloquées. Alleluia!

Quatrième test: Consultation avec l'urologue
Résultat: Comme le résultat du deuxième spermogramme était aussi désastreux, sinon pire, que le premier, l'urologue a confirmé le diagnostic de varicocèle ou, si vous préférez, de varice dans le testicule gauche causant la fluctuation de la qualité des spermatozoïdes. Rien ne peut vraiment être fait autre que prier qu'au moment de mon ovulation, nous ayons droit à des soldats forts et rapides.

Au jour 27 de mon cycle sans hormones, nous apportons tous ces résultats à la docteure, ainsi que les résultats de prises de sang et ma courbe de température. Suite à l'analyse de cette dernière, il est bien évident qu'aucune ovulation n'a encore eu lieu. Nous pouvons donc dire que sans hormones, je n'ovule pas. Ce serait ma seule problématique, puisque tous mes autres résultats sont beaux. Alors elle double ma dose de Clomid pour deux mois. Si après deux cycles, je ne suis toujours pas enceinte, nous procéderons à la phase deux de notre plan d'action: l'insémination intra-utérine.

Surprise!

Quelques jours après notre rencontre avec la médecin, et grâce à ma super courbe de température, je constate que j'ai ovulé! Toute seule, sans hormones, comme une grande!

Surprise (bis)!

Deux semaines plus tard, à ma fête de 27 ans, je fais un test de grossesse qui s'avère positif. Je suis enceinte! Notre bonheur est malheureusement de courte durée, puisque trois jours plus tard, je fais une fausse couche précoce...

Il m'a fallu 65 jours avant que rosie ne revienne me visiter. 65 jours à me sentir prête à recommencer les essais bébé, sans que mon corps ne veule coopérer. 65 jours à attendre de pouvoir reprendre mes fameuses hormones. C'est durant notre voyage à Boston que j'ai eu mon retour de règle. Quel soulagement.

En septembre 2009, nous avons entrepris le premier des deux cycles avec Clomid 100mg qui se sont avérés, encore une fois, non concluant. Débute alors notre aventure IAC.

IAC: insémination avec sperme du conjoint
L'homme fournit son échantillon de sperme le matin de l'insémination. Ce dernier est analysé et nettoyé en laboratoire pour avoir un concentré des meilleurs zozos. Un mince cathéter souple est inséré dans le col de l'utérus de la femme pour y injecter l'échantillon de sperme.

Comme mes courbes de température démontraient de bonnes ovulations avec la prise d'hormones, le plan était simple: je prenais mes hormones comme d'habitude du jour 3 au jour 7 et je faisais des tests d'ovulation à compter du jour 12 et quand mon test d'ovulation serait positif, je téléphonerais pour avoir une insémination le jour même. Le problème est que, dès le premier jour de test d'ovulation, ce dernier était super positif. Un gros doute a germé en moi, tous mes autres cycles avec les hormones, mes ovulations avaient lieu aux alentours du jour 18, pas 12! Mais la secrétaire de la clinique de fertilité m'a dit: ton test est positif, on fait l'insémination! Nous nous sommes donc présentés à la clinique deux jours de suite pour effectuer les inséminations. C'est de cette façon que la résidente qui a procéder à l'IAC m'a appris qu'il se pouvait que j'aie des ovaires polykystiques, car les femmes ayant des OPK testeraient toujours positif sur les tests d'ovulation! J'aurais bien aimé le savoir avant, non?

Bref, vous devez vous en douter, l'insémination n'a pas été positive. Nous voici donc rendus à quelques semaines de Noël 2009 et je réalise que ma prochaine période fertile sera entre Noël et le jour de l'An et que la clinique de fertilité sera fermée à ce moment-là. Panique, colère, tristesse. Nous devons attendre un autre mois, aussi bien tenter de décrocher.

Évidemment, nous n'avons pas décroché, nous avons câliner comme des fous durant le temps des Fêtes en se disant que peut-être nous aurions une petite surprise... Mais aujourd'hui, j'ai la confirmation que non, nous n'avons toujours pas réussi à avoir notre petit miracle de vie.

Alors, voilà. Je dois appeller la clinique de fertilité pour planifier notre prochaine IAC qui aura lieu d'ici 20 jours. Cette fois-ci, je devrai avoir des échographies pour déterminer mon ovulation pour ne pas procéder trop rapidement.

J'ai dit au début qu'il ne nous restait que deux chances de faire un petit bébé. Le plan original comportait 3 IAC. Ensuite, ce sera probablement les fécondations in vitro, mais nous n'avons pas les moyens. Alors, il ne nous reste que deux chances...

Évidemment, je suis plus que triste, alors je suis défaitiste... après plus de deux ans d'attente, la patience et l'optimisme se font plutôt rares.

Ce blog me servira de journal de bord pour nos prochaines IAC. Peut-être qu'en parler m'aidera à passer au travers...

Marie-Ève